La méthode Incognito de François Hollande.

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Jamais deux sans trois. Ceci est le troisième billet sur la conférence de presse de François Hollande. Pour les deux billets précédents, suivez les liens en fin d’article.

La méthode Hollande, on commence à la cerner, car elle devient répétitive, depuis son surgissement au devant de la scène politique, au plus haut plan, lors du débat présidentiel, entre les deux tours, avec le fameux « Moi, président, je… » qui avait fait froid dans le dos des non-socialistes et fait tressaillir de joie les adeptes du socialisme à qui on avait annoncé une « social démocratie » dont je ne sais exactement ce que c’est dans la Vraie Vie. Au fait, on était restés sur notre faim sur l’unique débat qui ne permettait pas de départager les finalistes et sur une demande de trois débats thématiques : l’Economie, la Société et l’International qui correspond à une avancée civilisationnelle. On n’entend plus rien du côté de l’Elysée sur la réforme des Institutions, tant sur le calendrier électoral qui a vidé les législatives de leur contenu – le dernier round étant une comédie avec 50% d’abstentions – et sur l’évolution des débats d’entre les deux tours. Silence radio sur ces questions de renouvellement et d’ajustement du pacte démocratique et Républicain. En lieu et place, des lessives comme « la social démocratie », le rappel du socialisme du président et d’autres « urgences de premier plan » décrétées par l’Elysée à l’instar du mariage gay, adopté par une méthode qui frise le ridicule. Une chose est ce mariage ; une autre est la méthode calamiteuse qui Exige de revenir sur son écriture et de la proposer à une adoption ou abrogation par Référendum. Les propos de J.F. Copé sont donc ceux de la politique de l’avenir :

« Il faudra réécrire le texte [sur le mariage homosexuel] pour protéger la filiation et les droits de l’enfant. Peut-être avec le recours au référendum dit Copé qui invite les opposants au mariage pour tous à transformer leur « engagement sociétal » en un « engagement politique. » Propos à lire dans le Monde rapportés par le Figaro.

J’approuve totalement ce message d’autant plus que j’appelle à casser les mécanismes de la confiscation des pouvoirs. Lire Supprimons l’ENA ou jugulons son pouvoir de prédation et de captation léonin du Bien Public.

Entre ce double silence sur le calendrier des législatives et sur les débats présidentiels, celui sur la réforme territoriale, les imprécisions sur le cumul des mandats qui commencent avec des exceptions ouvrant la possibilité aux contournements et détournements de la loi et le rejet du revers de la main du remaniement demandé par les Français qui ont jugé sa prestation égale aux précédentes 75 à 85% d’avis défavorables, le président donne l’impression d’être en lévitation, sur son nuage gravitationnel, dans son Nirvana à lui. Il ne faut pas chercher plus loin le motif de la déconnexion avec les Français.

C’est que le président soliloque dans une logorrhée monologamique (monologue+ monogame) ; il s’oublie de temps en temps et les conférences de presse deviennent kilométriques. Le président est bien : il flotte sur son nuage. C’est bien, sauf  que les Français eux ne sont pas bien. Et là, déconnexion et déphasage complet. L’autosatisfaction du président est le reflet inversé de la réalité tristounette des Français inquiets. Que faire ? Soupirer et attendre des jours meilleurs. C’était cela le message présidentiel. Outre ce qu’on savait déjà sur la promesse d’une inversion de la courbe du chômage fin 2013, Hollande a dit, pour nous rassurer, que « la crise était derrière nous, que ses causes étaient jugulées et régulées ». Du moins, les principales. Il a ajouté que « ce qui frappe la France actuellement, ce n’est pas la crise, mais la récession », autrement dit, la récession est le contre coup de la crise qui est en train de passer. A partir de là, le président a rappelé, en accord avec Bruxelles « qu’il faut adapter le rythme de la consolidation à la conjoncture » : c’est le credo de son « sérieux budgétaire ».

« Toute majorité étant dépensière », a-t-il dit, comprendre dépensière, donc irresponsable, il ne le sera pas et si au final il échouait, il aura au moins « amorcé le processus de redressement de l’appareil de production ». Du moins l’espère-t-il. Son sérieux budgétaire, il l’appuie sur deux tableaux : celui des idées et celui des programmes qui sont totalement imbriqués. On est d’accord. En plus d’être imbriqués, ils sont sur deux niveaux :

1. Le niveau Européen avec cette Offensive sur l’Europe destinée à « réduire la désaffection des peuples et à sortir l’Europe de sa langueur » et qu’il décline en plusieurs points :

  • Instaurer un gouvernement économique autour d’un Véritable président nommé sur une durée longue. Véritable Président ?
  • La lutte contre la fraude fiscale. Et nos niches fiscales alors ? Et les régimes spéciaux ?
  • Un Plan pour l’Insertion des Jeunes et un cadre financier spécifique à dessein
  • Des stratégies industrielles allant dans le sens de la transition énérgétique
  • Une nouvelle étape de l’Intégration Européenne. Comprendre politique et bancaire.

2. Au niveau National, ce sont les 4 chantiers prioritaires confiés à J.M. Ayrault.

  • Le Numérique et le maillage complet du territoire déjà annoncé par le PM chez Claire Chazal.
  • La Santé également
  • Les Transports
  • La Transition énergétique et les énergies renouvelables

3. Comment on finance tout ceci ?

  • Avec les crédits Européens
  • la Banque Publique d’Investissements qui part mal, avec une prépondérance inique des politiques issus de l’Enarchie qui ont ruiné la France. Lire le dernier couac ici dans une dépêche AFP qui préfigure le désastre à venir.
  • Le Livret A
  • La Caisse des Dépôts
  • Les cessions
  • Les capitaux extérieurs et les fonds d’investissements étrangers qui sont demandeurs et n’attendent que çà, encore faudrait-il que la France les oriente
  • Les impôts sur les revenus du capital

En gros, il y a de l’argent, beaucoup, mais ce sont les besoins qui manquent. C’est une plaisanterie qui vient de l’Afrique. Ce n’est pas ce que disait Fillon en décrétant la France en faillite et étranglée financièrement. Hollande lui nous dit : non, la France emprunte à des taux historiquement inférieurs ; il suffit de demander et c’est OK. Au passage, le même Fillon a demandé d’arrêter de tripatouiller la Constitution. OK. Donc, le vote des étrangers, le statut pénal du président, la réforme de la Magistrature, le cumul des mandats, il faudra en passer par le contrat ; autrement dit par le Dialogue et une Rectitude et une Correction Républicaines pour ne pas dire une Morale.

Avec ceci, je crois que Nicolas Canteloup verra que j’ai décrit le verre à moitié plein et à moitié vide. Clin d’oeil.

Avec ceci également, j’ai fait la pédagogie de la conférence de presse du président, car si le président voulait être pédagogue, la longueur de sa conférence à noyé le message. A surveiller cette gestion calamiteuse du temps. C’est une idée que je propose, ainsi que le président l’a demandé. « Si vous avez des idées, faites passer ». C’est la première partie de la phrase. La deuxième partie dit : « ensuite ne restez pas planté là devant l’Elysée. Passez les idées et circulez. Merci de ne pas insister ». Message reçu 5/5. Donc, je circule.

Simplement, avant de circuler, quand même, on ne pouvait pas laisser passer ça, c’est cette histoire des questions et de la prise de parole qu’il faut soumettre à la cellule Elyséenne de communication qui fait le tri. Si vous n’avez pas d’accord préalable, vous n’avez aucune chance. Nous qui croyions naïvement que Guillaume Durand qui ne prend pas une ride pouvait poser une question sans passer par le filtre sélectif de l’Elysée bunkérisé au point de fliquer les prises de parole des journalistes en conférence de presse. Comment appelle-t-on les régimes où les prises de parole étaient verrouillées et canalisées afin de prévenir les couacs en amont ? J’ai oublié. Cela me reviendra.

Bon Lundi de Pentecôte. En attendant le 26 Mai, pour protester contre la Méthode d’adoption de la loi sur le Mariage gay : Stalinienne. Comment dit-on encore ? Ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants gays et gaies.

Attention à vous, le président a dit qu’il circulait Incognito. Il pourrait donc vous sur-prendre dans le dos. Je plaisante. Quoi que, on ne sait jamais.

Conférence de presse de F. Hollande :

 

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