FMI. L’économie mondiale tourne désormais à trois vitesses. L’austérité est une fausse excuse.

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Il fut un temps où on parlait d’économie en termes d’économies de la croissance pour caractériser celles du monde dit développé et d’économies en voie de développement pour parler du monde en développement.

Le phénomène de l’Emergence ainsi que la crise financière de 2008 ont complètement bouleversé la donne. Désormais, Mme Christine Lagarde et le FMI ont avancé le concept d’une économie mondiale à trois vitesses correspondant à des profils territoriaux précis.

1. Les marchés de l’émergence et ceux du monde en développement restent forts. Ces pays connaissent une forte croissance : Chine et Inde en tête.

2. Dans les pays développés, une bifurcation s’est opérée entre l’Amérique et le Japon, d’une part et les pays de l’eurozone, d’autre part. Au Japon, l’effet du nouveau PM, Schinzo Abe qui a promis la reprise de l’économie Japonaise commence à porter ses fruits.

 

Prévisions de croissance mondiale

 

3. Dans les marchés émergents et les pays développés, les prévisions de croissance du FMI sont de 5.3 % en 2013 et 5,7% en 2014.

4. Aux Etats-Unis, elles sont de 1,9 % en 2013 et de 3% en 2014.

5. Par contraste, la croissance de la zone euro est prévue à -0,3% en 2013 et seulement de 1,1% en 2014.

En Février, le taux de chômage de la zone euro était de 12% soit 19 millions de personnes sans emplois. 1 sur 4 de ces personnes a moins de 25 ans. Les déboires de l’eurozone ont des répercussions sur le marché de l’emploi au Royaume Uni qui voit son chômage progresser. Il est vrai que le faux débat sur l’austérité entretenu par certains est avancé comme la cause première de ce chômage persistant dû au manque de croissance justement.

Une zone euro durablement en panne de croissance pénalise le Royaume Uni qui semble cette fois-ci subir les inconvénients de la crise de la zone euro sans pour autant bénéficier des avantages de cette même zone.En son temps, Margaret Thatcher avait dit « I want my money back », en parlant de l’Union Européenne.

 

Pourquoi la croissance n’est-elle pas de retour dans la zone euro ?

 

Réponse d’Olivier Blanchard chez Richard Quest (CNN). Olivier Blanchard est Conseiller Economiste en Chef du Département de Recherches du FMI.

 

Cycle vertueux vs cycle vicieux

« Si vous regardez l’Europe, en particulier dans son coeur – ce que vous voyez ce sont des gens qui n’ont aucun espoir et, pour cela, ils ne dépensent pas, et les entreprises n’investissent pas ; les banques non plus ne prêtent pas », déclare Blanchard. « La chose se nourrit d’elle-même ».

« Maintenant, s’ils retrouvaient confiance, ils dépenseraient plus, les entreprises investiraient plus, les banques feraient plus et nous pourrions avoir de la croissance. Ca peut arriver, mais la question est comment faire pour que cela arrive ? ».

Il n’est pas question de politique d’austérité, mais de Confiance tout court ; ce que le service de veille sur les taux des marchés (Caisse d’Epargne) a très bien mentionné en disant que  le tout n’était pas de vouloir consolider les finances publiques, en ajoutant ceci :

« Bien plus que la question de la capacité des gouvernements à consolider les finances publiques, celle de leur simple capacité à gouverner pourrait devenir à terme un des principaux sujets de préoccupation en zone euro. »

« Capacité à gouverner » en créant les conditions de la confiance du peuple, voilà la clé du succès économique. L’austérité est un abri de fortune.

Le « sérieux budgétaire » prôné par la France va se heurter au mur de la réalité de la confiance des peuples. Certains dirigeants ont rêvé et rêvent d’un gouvernement sans le peuple. Pure fiction. Gouverner sans le peuple relève de la science-fiction économique.

« Science fiction économique » et « sérieux budgétaire », deux concepts opposés.

 

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