Hollande et la crise. L’aveu.

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Omissions volontaires, silences coupables, fausses équivalences et double langage du discours de Hollande.

Jeudi a été l’occasion pour la parole présidentielle de renouer avec la tradition des oublis et omissions volontaires, d’une mémoire trouée au choix avec sélective. On a ensuite assisté au retour de la duplicité et de l’escamotage destinés à tromper le citoyen. Ca devient une signature du pouvoir en place.

Commençons par les oublis volontaires.

De la même façon que le Président avait nié que la crise existait, il a omis de mentionner les chiffres terribles faisant le bilan de ses 10 premiers mois – Voir l’encadré du Figaro ici –. Lorsque je disais que « l’assassin revenait toujours sur le lieu du crime », c’était exactement cela : souvenez-vous que l’assassin revient pour la reconstitution du crime sur les lieux du crime, et, à cette occasion, il montre aux enquêteurs comment il a procédé. C’est le moment de la Reconnaissance du crime. Chose faite ce Jeudi et le vendredi suivant :

- le Jeudi, le président reconnaît ENFIN ce que tout le monde pressentait qu’il savait : l’existence de la crise, au moment de son débat pour la présidence. C’est le moment de l’aveu qu’on attend depuis 10 mois de déni.

- le Vendredi, la publication des chiffres désastreux omis la veille nous montre par contraste, comment le président agit et réagit : la dissimulation et la négation de la réalité, car le président ne pouvait pas ne pas savoir l’énormité des chiffres la veille, au moment où il s’adressait aux Français. Mais, il a tu la réalité, la fuyant en quelque sorte. L’esquivant. La stratégie de l’évitement consistant à refuser de se confronter au réel est plus qu’éclatante.

C’est grave Docteur ? Oui. Très grave. Comment faire confiance ? Comment être crédible ? L’autorité ne procède pas du mensonge, de l’évitement, de l’esquive et par le déni de la réalité.

Silences coupables

S’agissant des silences coupables, ils ont été favorisés par l’éparpillement de l’émission certes, mais tout de même. Rien n’empêchait le Président de parler des sujets tels que :

- L’Education Nationale ? Quelle est encore la pertinence de l’embauche de 60 000 profs ?

- L’Immigration ?

- Les Gaz en marge de la manif anti mariage gay ?

- Le Cumul des mandats ?

- Le Statut du Chef de l’Etat et de sa concubine ?

- Comment il allait remédier à la libération des loyers modérés occupés abusivement par des personnes qui ont les moyens d’aller se loger dans le privé. D’un côté une règle qui énonce qu’on ne va pas prendre d’une main ce qu’on donne de l’autre, à propos de la fiscalisation des alloc à laquelle on préfère une indexation des alloc sur les revenus des familles. Avec raison.

Pourquoi alors maintenir les personnes dépassant le seuil d’admission en HLM pour reprendre une taxe par ailleurs. Ce principe de simplification administrative et fiscale doit s’appliquer partout.

- …

Quel type de société le président veut-il construire et voir émerger ? Il a répondu une société de la croissance.

Nous dire qu’on va vers la croissance nous indique l’horizon. Malheureusement, le point d’arrivée n’indique pas la navigation. Comment arriver à bon port sans en connaitre le chemin, sans feuille de route ? Sans praticable. Sans navigable ? C’est le plus sûr moyen de la perdition. Obligé.

Fausses équivalences

Venons-en aux fausses équivalences. Là, on entre en eaux troubles.

Trois exemples.

Exemple 1. Le logement. Est-ce parce que les jeunes ont désormais la possibilité de devenir propriétaire à taux zéro que les catégories aisées pourront s’éterniser et confisquer les logements à loyers modérés qu’ils ne devraient pas occuper. On me rapporte que pas plus tard que le mois dernier, un couple d’ingénieur et d’une employée d’une Mairie du 92 vient d’emménager dans un logement à loyer modéré, trouvé par ladite Mairie, alors qu’ils gagnent à eux deux autour de 4 800 euros. Ils sont partis du privé pour un logement dans le public, délivré par la Mairie. Est-ce raisonnable ?

Exemple 2. Les heures supplémentaires défiscalisées que le président a supprimées en faisant comme si le surplus de travail généré en heures supplémentaires étaient transférables en contrats d’avenir ou de génération par exemple. Eh bien, je suis allée revoir mon interlocuteur de chez Véolia pour lui poser la question de cette équivalence. Je vous avais parlé de lui ici, en critiquant la nullard qui avait conseillé le président de supprimer ces heures supplémentaires défiscalisées. Voici son topo, très instructif.

Premièrement, les heures supplémentaires ne sont certes plus défiscalisées, sauf qu’on les fait quand même, me dit-il. Avec cette différence que maintenant, au lieu d’être transformées en argent et en pouvoir d’achat, elles sont converties en « Capital Epargne Temps », c’est-à-dire du temps que vous récupérerez en jours de repos.

Du coup, suivez bien, non seulement vous gagnez moins, mais encore, vos jours de congés dont vous n’avez pas besoin s’allongent. Son capital épargne temps atteint déjà les 24 jours. Sachant qu’avec les 35 heures, mon interlocuteur me dit qu’il a des RTT équivalent à 5 semaines environ, lesquelles semaines ne sont pas transférables d’une année sur l’autre, lorsqu’il fait le compte, il a deux mois non travaillés. Il est en pleine forme et à l’âge où la santé est solide.

Tout ceci donne que, Véolia ferme à partir du 15 Décembre, car tout le personnel récupère son Capital Epargne Temps à ce moment. La boîte ferme carrément, car ne pouvant tourner avec un effectif dérisoire. Tout le monde rigole de ces congés et repos forcés. Vive les 35 heures !!!

Le cycle a commencé en 2004, me dit mon interlocuteur. Bien amusé. Ca vous étonne ?

Conclusion, tout ceci est un cercle vicieux : moins de pouvoir d’achat, moins de productivité des entreprises, moins de compétitivité, moins d’activités, moins de travail. C’est la France non productive qui triomphe. Exactement ce que le PDG de Titan disait à propos des salariés de Goodyear et de l’organisation du travail en France, lorsqu’il a jeté l’éponge. cf ses missives avec notre Ministre Redresseur de rien pour le moment. Avis aux Stakhanoves autodéclarés de la France qui chante à tue-tête qu’elle se lève tôt et paie les impôts pour les fainéants et les assistés. Un bon point au président qui s’est bien gardé d’employer le mot « Assistanat ». Je lui en sais gré.

Donc les contrats d’avenir n’ont rien à voir avec les heures supplémentaires défiscalisées qui poursuivent leur cheminement, hors des contrats d’avenir, n’étant pas convertibles et dissolubles dans ce dispositif d’emplois aidés qui serviront d’autres desseins : l’apprentissage par exemple des jeunes. Le personnel des usines lui continue à effectuer ses heures supplémentaires. A perte.

Quand on pense que certains dirigeants gagnent bien et que le même Hollande envisage de faire quand même payer ceux qui gagnent plus du million (75% d’impôts) – tant pis pour eux, ils n’avaient qu’à faire des SCI comme le président, parfaite planque fiscale pour ne pas dire niche fiscale déguisée -, on ne comprend pas pourquoi dans le même temps, on soustrait ce pouvoir d’achat aux travailleurs. Où est la Justice dans les bénéfices du travail ? Que devient même la valeur Travail ? A-t-elle encore un sens, dans ses conditions de dépréciation et de liquidation ?

Troisième exemple de fausses équivalences ou de faux échanges. Celui du mariage homosexuel que le président veut faire passer alléguant qu’il a laissé tomber la procréation assistée et l’adoption. Sauf qu’au moment de la campagne, le mariage pour tous était une proposition unique sans l’adoption et la procréation et autre gestation pour autrui. Tout ceci s’est ajouté au moment de la présentation du texte à l’Assemblée nationale. Devant le blocus, on fait semblant de laisser tomber ce qu’on a ajouté par la suite, histoire de faire semblant de jouer coopératif et l’apaisement, alors qu’il s’agit d’une entourloupe.

Le mariage pour tous supposait le mariage des personnes du même sexe. Et rien de plus. Ce qui est déjà une gageure.

Double langage : L’agneau-Président est en fait un Loup.

Au passage, ce mariage pour tous ne disait pas vraiment son nom = mariage gay. Le président a cette signature du double langage.

Par exemple, lorsqu’il dit « Société apaisée », il masque en fait le clanisme de son pouvoir qui ne peut que générer une société clivée, l’affrontement et la violence, tout comme la radicalisation. L’agneau-Président est en fait un Loup. Mais ça on le savait déjà avec l’histoire de la grand-mère de Martine Aubry qui lui avait conseillé de faire attention : “là où il y a des trous, il y a un loup” lui avait-elle dit. Avec raison. C’est une grand-mère qui parle.

Alors, l’intervention de Jeudi avait un seul et unique but, essayer de ramener les brebis socialistes au bercail, pour faire remonter les sondages. Du coup, en disant qu’on s’adresse aux Français, il fallait comprendre à ceux de Gauche pour les rassurer sur la ligne idéologique. Ce qui explique les oublis volontaires, les silences complices, les fausses équivalences destinées à protéger les acquis et à noyer le poisson.

Le Langage du président est socialistement codé. Le discours qui avait été présenté comme s’adressant à tous les Français s’adressait en fait aux socialistes. Et avec cela, le président se présente comme le président de tous les Français, alors qu’il parlait en Chef des Gauches. Double langage. D’où la défense des Juges Gauchisants.

La bonne nouvelle, c’est que les Français n’ont pas été dupés par le faux semblant.

Bienvenue en Normalie.

Questions.

Que devient exactement le cumul des mandats ?

Que recouvre exactement le concept de « Métropoles » ?

Qu’y a-t-il derrière les nouveaux présidents exhibitionnistes ? Quid de l’autorité d’un Chef de l’Etat qui se fait embrasser vulgairement comme un quidam devant ses Ministres sur un plateau de télévision de surcroît ?

Et l’immigration alors ? S’agissant de l’immigration, j’annonce pour la semaine prochaine, un livre numérique sur le sujet. Je l’appelle « la société parallèle ». Encore un grand domaine où l’hypocrisie le dispute au laxisme et au calcul électoral des élus de la Gauche. D’où le droit de vote des étrangers en suspens.

A lire dans le Figaro. Deux tiers des Français pas convaincus par la prestation de François Hollande.


FILM : L’AVEU. MAGNIFIQUE. Voir ci-contre.

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