Vers le printemps Bulgare ? Après le printemps Arabe.

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Le Capitalisme a-t-il échoué en Bulgarie ? Quid de la greffe des partis politiques et du multipartisme à la place du parti unique ? Une mafia remplaçant une autre ? Quid des institutions gangrenées et confisquées ? Comment éviter leur confiscation ? Les Bulgares proposent un quota de 50% de personnes n’appartenant pas à des lobbys, clans et partis politiques institutionnels dans chaque institution. En gros, un équilibre de 50% d’institutionnels et 50% de la société civile. Les droits civiques prennent une autre tournure en Bulgarie. Il était temps qu’un pays se réveille. Et ça commence à l’Est.

Rien ne va plus en Bulgarie depuis la démission du gouvernement, le 21 Février, consécutive aux protestations de la rue. Le Président Pleyneliev a essayé de mettre en place un Conseil Public composé des représentants du peuple et des mouvements qui protestent dans les rues, mais la réunion s’est terminée en queue de poisson, pour désaccord.

Le conseil public devrait être présidé par le vice premier Ministre  dans un gouvernement provisoire non encore constitué. Il est prévu que ce Conseil du Peuple soit un organe consultatif dans la prise de décisions auprès du gouvernement, force de propositions et d’initiatives.

Les représentants des 35 groupes dans la rue depuis des semaines contre la pauvreté et le système politique se répartissent entre les syndicats, les milieux d’affaires, les organisations civiles, académiques et non gouvernementales. Ils étaient supposés débattre des  enjeux et des règles de travail de la future structure.

C’était vendredi dernier.

Dimanche, les Bulgares ont profité de la journée de leur indépendance de 500 ans  de règne de l’Empire Ottoman pour appeler à une marche pacifique, fleurs en main en mémoire de ceux qui ont péri pour la Libération du pays.

Déjà, le  Dimanche d’avant, plus de 100 000 Bulgares avaient défilé dans les rues pour protester contre le modèle politique de gouvernance du pays.  Le mécontentement porte sur les insupportables factures d’électricité, les monopoles et l’extension de la pauvreté. Le mouvement est entrain de tourner à une instabilité civile et a atteint la phase des demandes politiques. Comme pour le Printemps Arabe donc.

Les demandes des différents groupes, bien que divergentes parfois se cristallisent autour des points suivants :

Ne pas suspendre le parlement.

La nomination d’un gouvernement de mission par le Président et non la formation d’un gouvernement provisoire qui pourrait reconduire les accords partisans.

La préparation d’une Loi sur la Participation Civile en faveur d’un pourcentage de 50% , le quota de participation des civils dans toutes les institutions. Clin d’œil intéressant au clonage institutionnel dénoncé ici pour restituer la République et l’Etat confisqué par les grandes écoles et autres circuits sélectifs et éliminatoires à la diversité du peuple. A titre de rappel, aux Etats-Unis, pour travailler dans l’Etat, le titre de fonctionnaire n’est pas exigible.

Le retour de 51% du partage du pouvoir dans les société de fournitures de l’énergie à l’Etat.

La fermeture de la Holding d’Energie de la Bulgarie, BEH, qui mène le secteur énergétique.

La convocation d’une Grande Assemblée Générale.

Une procédure de rappel des membres du parlement.

D’autres demandes vont plus loin et font craindre un retour au Communisme !

Elles concernent la nationalisation et l’abolissement complète du système politique qualifié de mafieux et de tous les partis politiques.

Depuis les manifestations de 1997, la Bulgarie n’avait plus connu cela. Le parti du PM démissionnaire, Boyko Borisov, dont le doux nom « Le parti Bulgare de la gouvenance des Citoyens pour le développement européen » laissait penser qu’il ferait différemment. Hélas, il a été happé par le clonage.

Des allures de printemps Arabe

Dimanche, les manifestants mécontents du système politique se sont saisis de la fête de l’indépendance pour déposer des fleurs au monument du héro national, Vasil Levski, en hommage à son sacrifice dans la  lutte pour la libération du pays.

L’Agence Sofia News dont nous avons traduit les propos ici rapporte qu’on a entendu un manifestant crier que Les Bulgares vont occuper le square devant le Parlement, mercredi et y resteront jusqu’à ce que les membres du parlement adoptent un amendement au code électoral qui ouvrira la voie de la participation du citoyen ordinaire en politique.

Accompagnés des haut parleurs qui diffusaient de la musique, les gens crient « Nous voulons le changement » – « Mafia », « Démission » – « Destitution » et « Vive la Bulgarie », parmi tant d’autres cris de colère.

On critique les monopoles, les oligarchies, les factures élevées d’électricité, les salaires bas et les retraites toutes aussi faibles.

D’autres demandent des changements politiques et de ne pas dissoudre le parlement tant que le Code électoral actant et ouvrant la participation citoyenne de 50% au processus électoral politique n’est pas voté.

Les participants menacent de monter un camp avec des tentes près du Building de l’Administratin du Président jusqu’à ce que leurs demandes soient satisfaites.  Demandes déjà énumérées tout au long de cet article.

Du côté de chez nous, en France

67% sont déçus par Hollande. 2/3 des Français donc.

Et le collectif  les Indignés du PAF n’a toujours pas de réponse à sa demande de participation citoyenne au CSA ni n’est reçu par l’Elysée qui les dédaigne. Ils tiendront réunion le 11 mars à Paris pour en débattre une fois de plus.

Si vous souhaitez soutenir ce collectif, c’est par ici. Signez la pétition.

 Le Bien Public et l’accès à la politique doivent être ouverts à tous les citoyens. Leur confiscation est un crime.

Voilà le travail désastreux du clonage institutionnel et de la confiscation des territoires qui a zéro vertu et que des défauts :

Formation et protection des rentiers, experts-pilleurs du Bien commun.

Exclusion de tous les autres.

Trahison du contrat social, du pacte Républicain et de l’esprit des Lois.

Avec cela, il n’y a aucune stabilité possible sur la durée et aucun enrichissement national, car on s’enrichit ensemble ou on s’appauvrit mutuellement et le super enrichissement illicite des uns ne fera jamais la richesse nationale.

L’Ouest démasqué

Tous ces mensonges sur l’Ouest et un Occident démocratique qui parcouraient le monde, avec force propagande médiatique en couverture, dissimulaient en réalité un système de gouvernance clanique, mafieux et de reproduction des élites, des classes et des Héritiers. En France, depuis Bourdieu, tout le monde le sait, mais tout le monde ferme les yeux et continue la chanson « démocratie, démocratie, démocratie ». En réalité, Oligarchie, Monopole et Système de cooptation via les réseaux parallèles et clandestins qui balisent les voies du pouvoir. Que les nouveaux pays anciennement communistes s’en aperçoivent, 20 ans à peine après la chute du Mur de Berlin, en 1989 n’est pas étonnant. Ils ont la bonne distance pour voir les choses telles qu’elles sont et non telles qu’on les vend via des médias à la solde de la Grandeur de l’Occident. Payés pour cela par l’arrosage des subventions à profusion et de toutes les niches fiscales possibles et imaginables. Je ne parle même pas des autres gratifications.

Le système politique occidental est corrompu.

Hier, dans ce débat intéressant qui anime l’Amérique sur le « Sequester » : « les coupes budgétaires automatiques », Fareed Zakaria « GPS » recevait un panel de commentateurs experts tous très intéressants. Parmi eux, il y avait un Italien en duplex, du Corriere de la sera qui, reprenant le conseil de la représentatrice du The Economist, présente sur le plateau à propos du bouleversement dont l’économie Italienne a besoin, a conclu son propos en disant que « Berlusconi était un désastre pour l’Italie. Que de 2001 à 2011, trois pays seulement au Monde ont connu un croissance plus faible que l’Italie : l’Erythrée, Haïti et le Zimbabwe. Comme si cela ne suffisait pas, l’Italie a vendu Prada, Mazeratti et Ferrari, alors même que son tissu industriel est plus densifié et diversifié que celui du Royaume-Uni ».  Un humour à la Fellini, cet Editorialiste Italien. Pas loin de l’humour Britannique.

A présent que la crise économique a rattrapé les politiques, il y a fort à parier que la métamorphose est au bout de la route. C’est une urgence. Le printemps Européen serait-il avancé ?

Ceci explique aussi pourquoi le FN se porte mieux que bien. Voir notre dernier billet sur le sujet.

 

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