Fillon drague déjà la Gauche et se projette au second tour des présidentielles…2017. Erreur.

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Avant l’heure, ce n’est pas l’heure. Après l’heure non plus.

Hier, une première réaction à chaud se contentait de reprendre les phrases de miel prononcées par le désormais candidat aux présidentielles en 2017. Aujourd’hui, c’est un billet plus politique qui va être fait.

Pour dire une chose et ceci sans ambiguité : Fillon ne peut espérer être candidat chanceux aux primaires de 2016, que si et seulement si, il repasse l’examen de la présidence de l’UMP et qu’il le réussit. Ce n’est qu’à l’issue de ce franchissement d’étape qu’il gagnera l’image d’un candidat qui n’a pas peur et qui ne court pas uniquement les courses gagnées d’avance.

Exemple : la dernière députation disputée honteusement, avec le recul, à Dati alors qu’il pouvait concourir pour la Mairie de Paris. Mais, là il y avait l’incertitude Hidalgo, alors c’est courage, filons. Quelle crédibilité peut avoir un Fillon s’il squizzait et la Mairie de Paris et la présidence de l’UMP ? Aucune.

Au lieu de courir plus vite que Copé pour se positionner comme le Premier opposant, faisant fi de l’accord qu’il a signé et qui accorde ce statut à Copé, jusqu’en Septembre 2013, Fillon ferait bien de se souvenir qu’avec Copé, les médias lui avaient promis qu’il avait course gagnée. A Paris, on ne lui a pas garanti la victoire. Je persiste et je signe que la place de Fillon était dans la course pour la Mairie de Paris.

Attention à la Jospinisation

Doubler Copé sur le terrain et le coiffer sur le fil : politiquement et humainement malhonnête. Il fallait être clair et demander une direction bicéphale, au lieu de feindre les désintéressés pour mieux engager des actions de dépassements irréguliers, dans le dos de son partenaire supposé. Ceci appelle une extrême prudence.

Fillon a concédé qu’il était prêt à répondre aux critiques sur son mandat et à soutenir NS, s’il revenait. En clair, c’est lui ou NS qui sont les seuls légitimes, à ce jour. Au nom de quoi ? Je ne vois pas très bien. Au demeurant, écouter et répondre ne veut pas dire qu’on vous pardonne ou qu’on est prêt à vous redonner une seconde chance. On peut aussi vous pardonner sans oublier. « Va, je ne te hais point, » n’équivaut pas à « Reviens ».

Sur tous les plans Fillon a été fidèle à lui-même : on ne peut pas faire confiance à sa parole ni à son attitude. Il nous dit que « l’heure n’est pas aux candidatures », mais, en réalité, il est déjà candidat et va engager sa campagne, avant l’heure.

Pendant qu’on fait la campagne municipale… il joue déjà son avenir et son destin personnel. D’accord, une campagne présidentielle, ça se prépare longtemps à l’avance, mais tout de même.

Il se projette déjà au second tour oubliant qu’il y a le premier. Jospin avait joué à ce jeu-là, il a fait une campagne de second tour et il a perdu. NKM a le premier tour acquis à l’UMP, mais c’est le second qui fait problème.

Pour mieux marquer sa stratégie à la Jospin, Fillon va voir tous les journaux de Gauche sauf le Figaro pour draguer à Gauche. Sauf que la Gauche veut perturber le jeu à Droite en choisissant le candidat parfait qui ne gênera pas trop la victoire de la Gauche socialiste.

Avant l’heure, ce n’est pas l’heure. Après l’heure non plus.

Compte tenu de tout ceci, je joue un autre tiercé gagnant, non imposé ni par les médias de Gauche, ni par la Gauche, Le Maire, Copé, Juppé. Ils semblent plus réglos. C’est au sein d’eux que doit être choisi et le Président de l’UMP et le prochain candidat aux présidentielles.

J’ai lu ici et là que Le Maire était beaucoup trop jeune et Juppé beaucoup trop « âgé ». Quant à Copé, son dynamisme et sa pugnacité alliées à son franc parler seraient mal vus en France, surtout par une certaine société bien pensante, la même qui diffuse les « bonnes feuilles » du journal d’une chroniqueuse sur ses aventures en chambre d’hôtels de passe pour salir l’honneur d’un homme, déjà très affaibli. En plus, contre Copé, il y a toujours la primaire manquée de la présidence de l’UMP.

En 2017, ne vous laissez pas imposer un candidat par les médias de la Gauche caviar lovée dans son fauteuil douillet, assoupie dans son confort et repue de ses copinages et du Népotisme d’un socialisme mou, sans âme et sans ambitions.

En 2017, il faudra choisir un candidat capable de casser la machine à fabriquer des frontières, des citadelles et des bastions imprenables. C’était pour cela qu’on avait choisi Nicolas Sarkozy en 2007. Et c’est pour la même raison qu’on remerciera Hollande en 2017.

En 2017, éviter les candidats de la rancoeur et de la rancune, car cela dénote d’une psychologie anti-leader. Un leader ne se venge pas.

L’UMP n’a pas droit à l’erreur en 2016 et son candidat doit être celui de la rupture, la vraie. La Rupture avant le Redressement, car on ne peut pas reconstruire sur des fondations bancales et poreuses, sur des ruines en fait. Il faut déjà déblayer. Le Système français a besoin d’un vrai Réformateur ou d’une équipe qui comprend l’urgence et la nécessité de cette remise à plat du Système. Le gouvernement actuel a sous estimé cette tâche révolutionnaire et est à la peine. Celui d’avant a été sanctionné pour avoir manqué à cette promesse de rééquilibrage et de recalibrage/redesign de la voiture France.

On peut concourir en 2013 pour la présidence de l’UMP et en 2016 pour les primaires présidentielles. Pourtant, l’idéal serait que le Président de l’UMP le reste. Arrêtons-nous sur le tiercé gagnant proposé ici, mais dans quel ordre ?

Mon tiercé gagnant pour l’UMP

La respectabilité de Juppé, la modernité et l’intelligence de Le Maire et la Pugnacité de Copé ou le double jeu de Fillon et le brouillage permanent des cartes et de son positionnement, faites vos jeux sachant que :

- le duel Fillon/Copé doit être refait et que le meilleur gagne. L’arrangement de façade qui se fissure chaque jour un peu plus ne vaut rien. Au mieux, il dit que Copé a accepté toutes les conditions de reddition de Fillon, parce qu’il n’avait pas la conscience tranquille, à moins qu’il n’ait pas voulu être celui qui a laissé l’UMP exploser. Dans ce dernier cas, c’est tout à son honneur.

Au pire, Fillon a joué le passage en force jusqu’au bout, car ayant lamentablement perdu une course donnée largement gagnée d’avance, par qui ? Ses amis les médias de Gauche – lui le PM sortant, humilié une seconde fois, dans le parti, après la sortie peu glorieuse du gouvernement par les électeurs. Il a échangé son RUMP contre son honneur.

A moins de rejouer la partie, pour une victoire claire et incontestable, sans tricheries, l’épisode de ce duel restera durablement gravé dans les mémoires et aux primaires, en 2016, les comptes seront toujours à régler, des deux côtés.

Les sondages du jour, encore eux, disent que Fillon devance largement Copé. Donc, si c’est vrai, alors Fillon ne peut rien craindre de son élection à la présidence de l’UMP.

- Juppé a un côté Filloniste, un peu trop conciliant qui tire vers le manque de « gnac ». D’autres appellent cela « le manque de courage ». Dans une France conservatrice et traditionaliste, ça marche. Le problème c’est que trop de conservatismes et de défense des avantages acquis ont tué la croissance, la compétitivité et la valeur travail en France – cf les derniers échanges titanesques du PDG provisoire de GoodYear qui annonce son départ de la France pour insuffisance de productivité des ouvriers qui peuvent mieux faire et non-compétitivité chronique de la France.

Oui, les investisseurs viennent en France, mais c’est parce que la France est un paradis fiscal pour leurs implantations. Des exemples de grands groupes installés en France et dans les régions contre les subventions régionales et étatiques et des exonérations d’impôts dans les zones franches sont légion et la réponse de notre Ministre du Redressement Productif disant que la France était une destination privilégiée des investissements étrangers ne dit pas toute la vérité. Le vrai motif concerne les facilités d’implantation et d’accueil du gouvernement qui achète ces investisseurs étrangers. La preuve, certains finissent par repartir vers d’autres cieux, lorsque ces avantages étatiques fondent comme neige.

Et Hollande demande 75% aux Français pour compenser l’inefficacité de la gouvernance économique à la française.

- Copé. Le problème de Copé, c’est qu’il peut passer la présidence de l’UMP, ce que j’appelle le premier tour. Il peut faire l’unanimité à l’UMP, mais la question du second tour reste problématique. Le risque que certains de Droite aillent même jusqu’à voter pour le candidat de Gauche, comme cela s’est vu en 1988 contre Chirac opposé à Mitterand, est bien réel.

Copé a intérêt à être candidat à la présidence de l’UMP. Qu’il en sorte gagnant ou non. C’est la voie de son Salut.

- Juppé, le meilleur d’entre nous, attend-il le retour de Sarko dont il nous a dit « qu’il se tâtait » ou va-t-il ENFIN se jeter à l’eau, s’étant sacrifié en 2012 pour NS ?

- Sarkozy ? Un conseil, si je peux me permettre. « Mais, si, vous pouvez ». Alors, si NS envisage de se représenter en 2017, qu’il entre dans l’arène cette année ou en 2014 au plus tard, après les municipales, ce serait plus élégant. Pourquoi je le dis ? C’est en référence à la dernière campagne électorale où le président est parti trop tard et les deux couacs imprévus ont accentué ce retard. Une, voire deux semaines de plus et Hollande ne passait pas, car alors que NS avait enfin trouvé le bon souffle et le bon tempo et les mots de ralliement qu’il fallait, Hollande commençait à caler et ses bras en disant long. Déjà, le PS n’avait plus d’argent et Montebourg en était réduit à suivre le président à cheval dans le Var, les derniers jours de campagne.

- Bruno le Maire ? C’est mon préféré. Il a le bon profil : conciliant, moderne, rénovateur, intelligent et prenant des risques et, cerise sur le gâteauil s’applique à lui-même des règles de probité politique : il est le seul à Droite à avoir de lui-même mis fin au cumul des mandats en ce qui le concerne et à avoir démissionné de son statut de fonctionnaire qui devient évidemment abusif, dès lors qu’il est doublé d’un autre statut très avantageux en prime, celui de parlementaire. On ne peut pas continuer à cautionner une société à double vitesse où les uns cumulent les sécurités professionnelles et les autres les insécurités.

Il faut récompenser et couronner ce type d’homme Politique, car c’est le chemin de l’avenir. Il y a deux sortes d’hommes politiques : ceux qui claironnent les projets et ceux qui donnent des exemples en engageant leur personne. Il faut préférer les seconds aux premiers.

La France a toujours réélu les mêmes figures et se refuse aux rénovateurs. Le monde entier lui tend une image différente. Obama, Cameron, Pleyneliev (Bulgarie) c’est pas mal. « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années ».

Ceci étant dit, d’ici 2016, beaucoup d’eau aura coulé sous le pont et chaque prétendant a ses cartes à jouer. Peut-être même un joker. Pour le moment, l’actualité n’est pas aux présidentielles, mais aux municipales. L’élection à la présidence de l’UMP sonnera le top départ des présidentielles. C’est la logique.

Avant l’heure, ce n’est pas l’heure. Après l’heure, non plus.

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