Enlèvement de 7 Français au Cameroun. Que fait GDF-Suez exactement au Cameroun ?

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Où on reparle de la fiscalisation des allocations familiales des « immigrés éternels assistés » !

Bien sûr, il ne faut jamais se réjouir d’un enlèvement, quel qu’il soit. Ceci est sans conteste la règle. Donc, il n’y aura pas de réjouissance ici. Pourtant, il n’y aura pas non plus de larmes de crocodile. La vérité c’est que cet épisode met en lumière ce pourquoi la France mène une guerre larvée au Mali : la course et la protection des matières premières. L’intégrité territoriale n’est qu’un beau discours de façade.

Au Mali, c’est la protection de la route de l’uranium du Niger (mine d’Imouraren) et des prochains sites miniers découverts au Mali même, qui mène la cadence et la danse. Dans toute l’Afrique, c’est l’extraction off shore du pétrole et du gaz qu’il fallait protéger. Aux larges des côtes camerounaises et nigériannes, se trouvent des plate formes pétrolières exploitées par Total qui a fusionné avec Elf, la scandaleuse, l’Etat dans les Etats en Afrique.

Pour ce qui concerne la frontière du Cameroun avec le Tchad et l’employé de GDF-Suez, je ne sais pas si l’employé était en tourisme au Parc naturel de Waza. C’est possible, mais la distance entre Yaoundé et Waza est tellement longue, que je pencherais pour un déplacement professionnel coïncidant avec cette promenade touristique.

Au Tchad, tout près du lieu de l’enlèvement, on a découvert un énorme gisement de gaz qui a d’ailleurs sauvé le pouvoir du Président Idriss Déby, ex lieutenant d’Hissène Habré qui sera jugé prochainement au Sénégal par un Tribunal Spécial de la Cour Pénale Internationale. Le ridicule du procès qui vise Hissène Habre en laissant son homme de camp président du Tchad actuellement est à son apogée. C’est que le commerce ou plutôt le soutirage du gaz a servi de monnaie d’échange. « Ton pouvoir contre ton gaz,  Mr. Le Président. »

Donc, un oléoduc géant, long de milliers de kilomètres traverse le Cameroun du Nord au Sud (port de Kribi) pour faire passer le gaz directement dans des tubes géants conçus à cet effet, comme une autoroute souterraine qui vomira son flux dans des tonneaux conditionnés surplace et acheminés aussitôt en France, via l’Océan, au départ de Kribi, le même port qui achemine tout ce que le Cameroun compte de bois précieux, que les grumiers de la mort descendent dans un bal incessant, roulants à tombeau ouvert dans les campagnes, les phares braqués vers Kribi, l’océane, la touristique. Pour le large.

Combien de tonnes de gaz passeront gratuitement de Ndjamena à la France via le souterrain Cameroun ? Quelle part pour le Cameroun qui sert de servitude. Les Camerounais ont-ils été consultés pour ce passage ? Sont-ils au courant du deal ? Le pouvoir oui, puisque l’usine de conditionnement de gaz liquide fonctionne sur Kribi et que l’agence ou la direction est à Yaoundé. Et les Tchadiens ?

Je veux  dire ici deux ou trois choses :

La première c’est que lorsque je lis ou j’entends dire par les français de souche bien de chez eux « qu’ils se lèvent tôt pour entretenir les assistés d’immigrés », il faut qu’ils la ferment et je pèse mes mots. Ce gaz qui est prélevé quasi gratuitement – il est vrai que cette gratuité est compensée par une pseudo aide au développement et un effacement de la dette ; elles-mêmes faisant à leur tour l’objet d’une compensation en achats d’armes à la France – sans retour et distribution d’argent aux populations en Afrique leur permet d’avoir un job ici en France. Lequel job du français de souche en France se paie par du chômage des milliers d’Africains surplace, victimes d’un sous-développement décervelant. Des individus qui n’ont en plus pas de CMU.

La deuxième, les immigrés travaillent en France : agents de sécurité, éboueurs, femmes de ménages, auxiliaires de vie pour soigner et toiletter les européens du troisième âge ou diminués physiquement voire neurologiquement, en attente de leur fin de vies, gardes d’enfants, marchés, commerces de détail, salons de coiffure, épicerie, restauration rapide, cafés, restaurants exotiques, manutentionnaires, routiers, animateur social ou sportif, taxis, chauffeurs d’autobus, quelques fonctionnaires ,… de petits boulots mais des boulots qui leur permettent de cotiser pour leur chômage et de payer leurs impôts et qui leur garantissent des droits.

La troisième c’est que si on vous montrait ce qu’un expatrié cadre de GDF-Suez touche au Cameroun avec son train de vie quasi princier – par rapport à l’environnement – montant prélevé sur le marché du gaz africain, en incluant les avantages de l’expatriation, vous serez estomaqué. C’est que ce qui est extrait à 8 euros le litre est revendu à 80, sur le marché international. A cela, il faut ajouter l’activité spéculative du CAC 40 en bourse qui est un extraordinaire effet multiplicateur.

L’Etat et GDF-Suez peuvent-ils jouer la transparence pour une fois et nous communiquer les chiffres ?

Après cela, on fera les comparaisons utiles entre ces salaires princiers et la condition immigrée.

Finalement, on comprend pourquoi l’Etat Français ne se presse pas de faire des réformes : il compte sur ses anciennes colonies pour l’alimenter en gaz, en pétrole, en uranium, en cuivre, etc… ad vitam eternam… jusqu’à ce que l’euro s’écroule et que tout reste comme avant : la colonie nourrit la métropole et la métropole accueille les immigrés de la colonie qu’elle loge à la périphérie des grands centres urbains, en leur saupoudrant des allocs chômage et familiales et autres aides sociales, AME et hébergement d’accueil des immigrants (foyers, hôtels, autres). Ce sont les sacrifiés de la « croissance » de la France et du sous-développement de l’Afrique.

Pensez qu’on peut fiscaliser ces aides, c’est la double peine. Une fois, en les jetant hors de chez eux. Une seconde fois, ici.

Les 7 otages français et nous sommes tous embarqués dans cette galère, malgré nous. Ceci doit changer.

Que fait GDF-Suez exactement au Cameroun ?

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