L’obsolescence institutionnelle : le mal de la fin du siècle. Vive la VIème République ! Editorial

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L’économie Française tourne à vide. En cause l’amorce des réformes et la procrastination des réformes fondamentales. Au coeur de ces réformes, se trouve la réforme institutionnelle, celle qui permettra à l’économie de retrouver une respiration normale et de sortir de sa bradycardie. Remarquez le mot à la même résonance que la  léthargie.
La confusion originelle consiste à enfermer l’institutionnel dans l’administratif et ses protocoles figeants, coagulants et immobilisants. La dimension statutaire prime sur l’essentiel ; elle en devient la finalité et concentre l’essentiel de la fonction et du fonctionnement. On se laisse envahir par un code de procédures. La technicité prend le dessus, c’est à qui saura le mieux démontrer sa maîtrise des procédures desquelles découleront des directives européennes voire des résolutions Onusiennes. Le virus de la technocratie s’introduit dans la machine. Figurez-vous que les Nations Unies sont allées jusqu’à se réunir, pour condamner un groupe terroriste, ISIS.
LE GRAND VIDE.
Un groupe terroriste est hors la loi. On ne fait pas de réunion extraordinaire de surcroît aux Nations Unies – même à l’occasion de la décapitation de Jim Foley, le journaliste Américain. C’est une reconnaissance d’un groupe terroriste.  Au bout du compte, on voit que les institutions tournent sur elles-mêmes, en rond. Ce qui se perd et est perdu de vue depuis longtemps est le Service et l’action publique que ces Institutions devaient remplir.
J.L. Mélenchon a pris le problème par le bon bout. Le problème c’est l’obsolescence institutionnelle. Comment en venir à bout ? Sa réponse : le Changement de République.
Mais encore ? C’est la suite annoncée.
Pour vous donner une indication précise de ce que cette VIème République ne sera pas ou ne devrait pas être pour mériter son caractère nouveau, prenons l’exemple de ce qui est survenu tout récemment à Ferguson où deux Noirs viennent d’être tués par une police blanche. Obama est pourtant un président Noir qui a oublié de s’attaquer à la question raciale et/ou raciste. Il est resté coincé dans les Ors de Washington et les avenues propres jouxtant la Maison Blanche pour saluer les mains des promeneurs très propres sur eux ; lui-même très ciré. Le bon black quoi, comme les Blancs les aiment. Bien dans les clous du White Power, Order and System.
Imaginez que les 3/4 de la population de Ferguson sont des Noirs, mais la Police qui compte 56 agents a 3 Noirs dans ses rangs. Hier, à la BBC (ou Sky news ?), dans la revue de presse de la semaine, quelqu’un a dit – un Blanc inch allah – que cette disproportionnalité représentative dans les forces de police était dégoûtante car cela s’apparente à une « police d’occupation »Une police des Blancs privilégiés pour tuer du Noir réduit à un sous-fifre. Tiens, on dirait Israel poliçant Gaza. 
D’où le sous-titre de la publication à paraître « Reprendre possession de soi » qui va au-delà de l’Afrique. Ferguson et la VIème République annoncée sont concernés tant la France s’est éloignée de son identité et de son idéal. Quant à l’Amérique, elle a cru que la question raciale, un de ses démons était évacuée avec l’élection de Barack Obama.
Obama était l’arbre qui cachait la forêt. Lire un ancien texte. SLAVERY MEMORIES ARE STILL ALIVE IN MISSOURI-SPRINGFIELD-KANSAS CITIES.
FERGUSON RESUME LA QUESTION DES BANLIEUES SORDIDES DANS LES PAYS DU G7 – FERGUSON C’EST LA FRANCE, C’EST LONDRES. AU-DELA FERGUSON C’EST LE SYMBOLE DE LA DILATATION EXTREME DES INJUSTICES SOCIALES
Obama a oublié de mettre les mains dans le cambouis, ce pourquoi il avait été élu. En lieu et place, il est allé rejouer le jeu de guerre des Américains dont les conséquences depuis l’Ukraine jusqu’à Gaza, en passant par la Syrie, la Lybie et l’Irak sont désastreuses.
En Ukraine aujourd’hui, où les européens et l’Amérique sont allés rejouer à leur jeu favori, c’est la Russie qui récupère les dégâts de cette politique aveugle, que d’autres qualifient d’impérialiste. Les camps des réfugiés apparaissent chez elle, à la frontière avec l’Ukraine. Des Ukrainiens de l’Est qui fuient les zones de combat transformés en camps de la mort. Kiev n’a pas voulu dialoguer avec ses ressortissants de l’Est. Ils ont opté pour la force, encouragés par leurs Maîtres à penser de l’Occident. Aujourd’hui, à l’occasion de la visite de Mme Merkel à Kiev, en conférence de presse, on apprend aujourd’hui seulement, après que la Russie ait forcé le passage pour l’Ukraine, lasse d’attendre une inspection qui dure depuis une semaine, sans suite, le président Poroshenko concède une plus grande décentralisation (sous-entendu) autonomie à ces territoires bombardés par son régime.
Que faut-il comprendre ? Pourquoi n’avoir pas commencé par là ? Tous ces morts pour satisfaire des dictateurs et des fossoyeurs de la démocratie. Bref, le président Ukrainien annonce… Une Réforme Institutionnelle ; elle-même annonciatrice de nouvelles façons de faire de la politique. Ni plus, ni moins. On le lui avait pourtant conseillé dès son arrivée au pouvoir, mais il n’en a eu cure. Méprisant, il a rigolé. Aujourd’hui, il ne rigole plus. Puissent tous ces morts inutiles et tous les persécutés et déplacés en Russie hanter son mandat.
La Russie, qu’on l’aime ou non et ceci n’est pas le problème, n’a pas demandé de guerre, elle n’a contribué en rien à la détérioration du climat en Ukraine. On me dit si, elle a aidé les pro-Russes en les armant. Que fallait-il faire ? Les laisser à la merci des tirs Ukrainiens pour leur servir de chair à canons ? Laisser les Etats Unis venir s’installer à la frontière Russe ? Au nom de quoi ? Ont-ils vu les Russes à leurs frontières ? Mais qui envahit qui ? Qui fait dans l’Invasion ? C’est Kiev qui est envahi par le trio OTAN/US/UE.
 
Parce que la Russie paie ou en souffrira les conséquences – d’une manière ou d’une autre – elle a droit non seulement d’intervenir, y compris par l’humanitaro-militaire, mais elle a voix au chapitre. C’est de la REALPOLITIK.
« Au-delà de la Justice, il y a l’Equité » (Victor Hugo, les Misérables).
Entrons dans ce monde Equitable. Cela ouvre sur un programme politique, économique, social, éducatif, scolaire, etc.. Bref ça irradie tous les canaux bouchés de la société. Construisons cette République où l’Egalité sera remplacée par l’Equité. Le mot Justice Sociale semble traduire l’Equité, mais c’est aller vite en besogne.
La Justice Sociale est le résultat, un objectif atteint si on gère la société avec ce nouvel outil qu’est l’Equité.
Pour le dire autrement, la Justice sociale est un Objectif, l’Equité est un Opérateur.
Ceci est un avant-goût de ma prochaine publication chez Amazon sur l’Afrique et le développement. Voir couverture à Gauche ici en haut.
JE N’AI PAS PU RESISTER A LA TENTATION DE VOUS POSTER LE BILLET QUI SUIT ET QUI  ILLUSTRE L’OBSOLESCENCE INSTITUTIONNELLE ET SES PRATIQUES FIGEES INSCRITES DANS LE MARBRE DEPUIS BIENTOT 40 ANS. 

 
L’OBSOLESCENCE INSTITUTIONNELLE EST LA SOURCE DE L’INCAPACITE POLITIQUE.

DE PARIS A ALGER.

«Le financement de l’économie par le déficit a été transformé en règle»

Taille du texte normaleAgrandir la taille du textele 23.08.14 | 10h00 Réagissez

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L’universitaire Belkacem Boukherouf (photo) nous apporte, à travers ce bref entretien, un éclairage sur les grandes lignes du projet de loi de finances pour 2015, dont l’examen et l’adoption en Conseil des ministres devraient intervenir très prochainement.

– L’avant- projet de la loi de finances pour 2015 prévoit un déficit budgétaire de 4 173,4 milliards de dinars (22,0% du PIB) en raison de la hausse des dépenses (8 858,1 milliards de dinars) contre 4 684,6 milliards de dinars au titre des recettes. Pourquoi, selon vous, une telle folie dépensière ?

Ceci est le propre des gouvernements dont l’action relève plus de l’intuition et de la navigation à vue que d’un discernement intellectuel à même d’offrir des pistes stratégiques de réflexion sur la gestion de l’argent public. Depuis presque toujours, le financement de l’économie par le déficit a été transformé en règle, en dépit des contrecoups politiques et socioéconomiques d’un tel comportement. Ceci prouve que les programmes de réformes, de mise à niveau et toutes les promesses de la construction d’une économie forte et diversifiée n’étaient que des palabres.

C’est presque un aveu d’échec du gouvernement à construire l’économie nationale. La frénésie dépensière relève de l’ordre du normal, puisque la conduite budgétaire est dictée par ce fameux «Programme de Son Excellence le président de la République», que même le gouvernement qu’il a chargé de le réaliser est incapable de nous en donner la finalité, les axes structurants et les échéances de sa concrétisation.

Ceci explique cela : le gouvernement est dans une spirale, qu’il croit irréversible, de dépenses irrationnelles où, comme trompe-l’œil, la partie réservée à l’équipement est toujours présentée comme la plus importante.  Or, en y regardant de près, ceci est faux : la prise en charge des programmes en cours et les réévaluations des programmes précédents sont une partie signifiante de ce déficit, tout comme l’argent consacré au maintien des clientèles à travers des ministères budgétivores.

Notre incapacité à pouvoir évaluer la rationalité des dépenses des ministères à fort niveau d’allocation, tels que ceux de la Défense, de l’Intérieur et des Moudjahidine, limite toute vision critique du budget. Les fonds spéciaux sont aussi de cette catégorie de rubriques imperméables à toute forme de contrôle.

– Le même texte prévoit une facture des importations de l’ordre de 65,44 milliards de dollars, un seuil jamais atteint auparavant, contre des exportations d’hydrocarbures d’une valeur de 66,02 milliards de dollars. N’est-ce pas que la situation n’a jamais été aussi inquiétante ?

Dans d’autres débats, nous avions mis en lumière les conséquences néfastes de l’absence d’une stratégie industrielle qui émanerait du gouvernement. La fixation de son action sur la mise en œuvre des programmes quinquennaux décidés par une caste de conseillers du président de la République, qu’ils orientent au gré des attentes de potentats et des rentiers-clients du régime, rend impossible tout espoir de voir l’économie algérienne décoller à moyen terme.

La facture des importations, en prenant une telle allure ascendante, démontre que les vœux de la diversification de l’économie, de la construction d’une économie hors-hydrocarbures et de la substitution aux importations sont aujourd’hui des chimères qu’on nous chante sans résonance.

Aussi, quand on se souvient, lors des précédentes tripartites, du faste du discours pompeux sur la protection et l’encouragement de la production nationale et du soutien à l’industrie locale, on comprend vite que les décideurs sont frappés de trois maux : primo, ils sont incompétents dans leur mode de management et ceci se traduit par l’absence de lignes claires quant à la réalisation de leurs décisions ; secundo, ils sont inconséquents et font marcher l’économie comme une boutique de bazar où le maître-mot est «dépenser encore et toujours», et enfin, ils sont lâches puisqu’ils livrent notre économie à toutes les incertitudes au moment où même les géants de ce monde s’immunisent contre les aléas d’une crise mondiale jusque-là irrésolue.

– Sous prétexte de faciliter les actions de recouvrement et de contrôle fiscal et mieux lutter contre la fraude fiscale, la note de présentation de l’avant-projet propose l’unification du taux de l’impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS), fixé à 23% pour l’ensemble des entreprises. Le texte propose de relever le taux d’IBS de 19% à 23% pour les producteurs et de réduire la pression pour les importateurs en diminuant le taux de 25% à 23%. Ne pensez-vous pas qu’il s’agit là d’un cadeau inespéré au lobby des importateurs ?

Il faut remonter au processus de  construction d’un avant-projet de loi de finances en Algérie pour comprendre les tenants et les aboutissants de chacun de ses éléments : au tout début, c’est un travail de technocrates animés d’une bonne volonté et d’un désir de bien faire. Puis interviennent des conseillers politisés et fonctionnant en réseau et très forts, donc capables d’imprimer leur vision, leurs attentes et celles de leurs parrains. En arrivant à la discussion préliminaire dans les commissions des deux Chambres, elle est affinée au gré des alliances politiques, des velléités idéologiques et de la puissance des lobbys. Et c’est là qu’elle prend une forme quasi définitive.

Et quand on sait que l’argent de ces lobbys de l’importation et du commerce informel a fait grandement son intrusion dans les joutes électorales, donc dans le choix des éléments du Parlement, les lobbys attendent de leur parrainés un tel effort. Sinon, comment avoir l’intelligence de favoriser fiscalement les importations, de réinstaurer le crédit à la consommation et relever le seuil d’imposition au régime forfaitaire si ce n’est pour renforcer des positions de braconniers de notre économie.

Hocine Lamriben  – A LA UNE DE EL WATAN – ECONOMIE

Photo. Belkacem Boukherouf. Universitaire

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