L’impossible rêve français : la situation est grave mais pas désespérée. Que retiendra l’Histoire ?

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Bac 2014. Les épreuves d’Histoire-Géo.

De la philo à l’histoire géo, on est passé du passéisme à l’actualité (avec le Brésil) et à l’avenir avec l’Europe et la Chine. Que dire sinon, qu’on aime cette école vivante, lucide et qui vit avec son temps, non hors temps. On aurait pu craindre une interrogation sur Bismark. Mais, non et tant mieux ainsi et pourtant Bismark peut éclairer l’avènement de Hitler. Sauf que l’objet de l’étude aujourd’hui, c’est l’après Hitler et non son avant. Comme on dit R.A.S. (Rien à signaler). Que du bon.

Ce décalage entre hier avec la philo et aujourd’hui (l’histoire-géo) nous donne l’occasion de revenir sur la place du Rêve dans nos temps modernes. Est-il encore possible de rêver ? Prenons le rêve français, par exemple qui semble de plus en plus être un vœu pieu et qui a été discuté dans une conférence du Nouvel Obs. Considérons cet extrait :

 Henry Hermand : « Il faut lutter contre le pessimisme délétère! » diffusé par l’Obs. « Y a-t-il encore un rêve français? ». Réponse de Henri Hermand, administrateur de Terra Nova, qui participait à la deuxième édition des Journées du Havre organisées par « le Nouvel Observateur » du 12 au 14 juin. 

« Y a-t-il encore un rêve français, c’était le sujet ? Le fait même de poser la question laissait entendre que peut-être il n’existe plus. La question se pose dans la mesure où il y a un tel déni de réalité, un tel pessimisme dans notre pays. Il faut lutter le plus possible contre ce pessimisme délétère contre ce déni de réalité. La situation est loin d’être aussi dramatique qu’on le peint. La situation est loin d’être dramatique comme celle où se trouvent les malheureux grecs ou nos voisins Espagnols. Bon la France vit évidemment un moment difficile, mais ce n’est pas quelque chose de dramatique.

Ce qui est grave, c’est qu’on a perdu la confiance et il y a une défiance qui s’est répandue d’une manière colossale et que, par où qu’on prenne le bout, on se retrouve devant des positions négatives et un manque d’adhésion à des projets et à un climat qui est abominable. Ceci dit, il y a toutes les raisons objectives d’espérer à condition de le faire savoir ».

 Discours aporique.

Bon, ceci est le propre même d’un propos qui regarde la société par la lorgnette institutionnelle. Je résume, sans arrière-pensée : l’institution a raison, mais c’est au peuple et aux acteurs de mauvaise foi pris dans le déni de réalité qui entretiennent un climat délétère et organisent la défiance/résistance que revient la faute. Si seulement, ils voulaient bien se donner la peine d’entendre et d’adhérer, les choses iraient beaucoup mieux.

Ceci dit, il y a toutes les raisons objectives d’espérer à condition de le faire savoir.

Si donc les gens n’adhèrent pas, car le climat est abominable et empêche les adhésions, comment l’Etat pourra-t-il faire savoir, comprendre faire passer son message ? On est devant une véritable impasse. Discours aporique.

Comment en sortir ?

Par la Vérité. Un des sujets du Bac d’hier, malheureusement, mal posée et mal emmenée.

Je comprends que pour Mr. Henri Hermand qui a tout mon respect, « il y a toutes les raisons objectives d’espérer ». Objectives renvoyant à l’honnêteté de tout commentateur et analyste. Autrement dit, si on est honnête, il faut dire cette réalité-là et non la nier – le déni -.

Question : pourquoi dans ces conditions cliniques, le faire-savoir ne suit-il pas ? Du reste, par quoi procède le « faire-savoir » sinon que par les mots et la communication politique ? Boileau, disait que « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement ». Si les raisons sont objectives (bien conçues), d’où vient-il qu’on échoue à les communiquer (énoncer clairement et faire-savoir) ?

Mr. Henri Hermand répond par la défiance systématique (l’obstruction en termes parlementaires) et le rejet (le climat délétère). En communication et dans l’anthropologie, cela renvoie à la « force du contexte ». Un contexte vicié empêche les messages de passer. Il  faut donc le pacifier au préalable et le rendre réceptif aux messages. Toute la question est comment ? On touche là à un des fondamentaux de la communication et de la culture : il ne suffit pas seulement de produire des messages, encore faut-il savoir les faire passer ; ce qui implique de s’assurer des conditions d’une bonne réception. Autrement dit, la valeur d’un discours ou d’un message ne réside pas seulement dans sa production, mais dans sa réception qui est l’instance qui le valide.

Le rôle primordial du contexte ou du mauvais climat exaspéré par le mensonge

Celui qui aujourd’hui intervient dans l’espace public en effaçant le mensonge permanent des politiques dans la dégradation des rapports entre le pouvoir et les peuples est de fait dans le déni de réalité, car toute la défiance et le pessimisme dit délétère viennent de là. Un adage dit « qu’on ne peut mentir à tout le monde tout le temps. Au bout d’une certaine durée, la vérité finit par éclater ». Nous y sommes. Hollande a tué ce qui restait d’espoir, avec ses fausses promesses, ses mensonges et son déni de réalité allant même jusqu’à nier l’existence de la crise. C’était très fort quand même.

Dès le lendemain, il a commencé à faire le contraire de ce qu’il avait dit, à commencer par une surexposition de sa vie privée qui a occupé une place plus que démesurée voire extravagante : un bureau et des collaborateurs, pour une first girl, pour gérer son courrier. Cas exemplaire d’un détournement du bien public à des fins privativesDu jour au lendemain, le « Rassemblement » mot d’ordre a tourné au sectarisme. Bayrou et Villepin  et Marine, ceux qui ont appelé à voter Hollande contre leur camp, cocus en direct.

Dernier acte, le duel qui s’est joué lors du pacte de responsabilité (*)« la correspondance de la connaissance et de l’objet mentionné = définition de la vérité selon Heidegger (les chemins)»  n’a pas été convaincante. Puis, il y a la pratique du pouvoir qui est tout sauf exemplaire. Puis, il y a les inégalités. Puis, il y a une absence totale de morale et d’éthique : les nominations, les grandes écoles qui raflent tous les postes de prestige de l’Etat, le système des Héritiers décrit par Bourdieu (Pierre), le philosophe sociologue, les fratries protégées, le système de copinage, les Cahuzac qui se la coule douce, les pensions alimentaires jamais payées et compensatoires non plus, la Justice qui ne fait pas son travail, même que, récemment, le gouvernement voulait faire voter une loi pour protéger les hommes politiques des condamnations éventuelles de la Justice, quelles que soient leurs conduites à la Al Capone (**)… bref, pour couronner le tout, c’est l’Ecole elle-même qui est injuste et raciste et, comble de misère, les enfants des enseignants sont la deuxième catégorie, après ceux des Grands Corps de l’Etat (la nouvelle Bourgeoisie d’Etat) à réussir le concours de l’ENA. Ils sont la caution ultime du Système scolaire inégalitaire qui tue l’égalité des chances dans l’oeuf. Aucun Premier Ministre n’a eu le courage de corriger cela : Juppé, Raffarin, Fillon, Rocard, Jospin, Villepin et consorts…. Normal, ils en sont les produits les plus criards.

(*)+ DOCUMENT – Bercy vise un déficit de 3,8 % de PIB en 2014. Mais il pourrait être «proche» de 4 %, voire un peu au-dessus si la croissance est inférieure à 1 %, selon la Cour des comptes. Lire dans les Echos. Très beau site. Puissant. Efficace. Nouveau design, nouvelle ergonomie. Ca me fait rêver. Carrément.

(**) Lire dans le Parisien, un scénario à la Al Capone à propos de l’affaire Bygmalion et des comptes de l’UMP. 17 millions de dissimulés à la Commission des Comptes de Campagne et un Sarkhoton en sus pour les gogos. Découvrez en prime les clients de Bygmalion.

Voilà le contexte délétère qui parle de lui-même et qui s’auto-alimente par son propre venin.

Venir porter la parole publique ici, sans donner des gages sur des changements des méthodes de gouvernance est mission impossible. Quand on voit comment s’est faite l’adoption du mariage gay, au mépris des peuples, et au profit des corps constitués médiatico-culturels ; quand on voit comment la réforme territoriale s’est faite en chambre, sans consulter qui que ce soit, le Prince a décidé, comment espérer ? Hervé Morin en a parlé dans son discours de clôture de la convention de l’UDI, samedi dernier, s’étonnant de ce qu’on ait opéré une fusion des régions sans avoir consulté les habitants qui ont une autre histoire à raconter que celle de ce découpage à la hache, sans consultation préalable. Vous vous souvenez, n’est-ce pas, que la consultation était une méthode de gouvernement annoncé par le candidat Hollande. Mais ça c’était avant.

Espérer quoi ? Rêver de quoi ? De son prochain portable, c’est mieux. De son prochain voyage ou de ses vacances, pour ceux qui peuvent se le permettre.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le rêve n’est pas déconnecté de la réalité. Même les rêves les plus fous se sont réalisés, alors.

Une société sans foi ni loi est sans espoir.

On a évacué la religion et le droit, reste quoi ? Le sauve qui peut. La débandade. Les insécurités.

Il faudra réfléchir sur la place du mensonge-roi de nos gouvernements modernes. Lequel mensonge vient avec la propagande médiatique. A titre indicatif, 86% d’Américains ne font pas confiance à leur gouvernement et 60% ne croient pas aux médias.

« Si vous dites un mensonge énorme et que vous persistez à le répéter, les gens finiront par croire que c’est vrai. Aussi longtemps que vous dissimulerez la réalité des conséquences militaires, politiques et économiques de ce mensonge, le peuple vous croira (1).  Il devient alors vital pour l’Etat de faire usage de tous ses pouvoirs pour réprimer les dissidents, car la vérité est l’ennemi mortel du mensonge.  Et, par extension, la vérité est le plus grand ennemi de l’Etat » (Joseph Goebbels, propagandiste nazi). Source. Global Research in « How Government and the Media equate political dissent with « Conspiracy Theories » and « Home Grown Terrorism » = Comment le gouvernement et les médias assimilent les dissidents politiques aux « comploteurs » et à un « Terrorisme de l’Intérieur ».

En clair, la situation est toujours grave, mais jamais désespérée.

(1) Cf l’histoire de Benghazi qui n’en finit pas de durer. On vient de capturer le suspect numéro 1 de l’attaque de Septembre 2012 qui a coûté la vie à 4 diplomates Américains dont Mr. l’Ambassadeur. Annonce faite par le Pentagone, ce Mardi. La question Lybienne est ce Grand Mensonge des Etats de l’Occident, le même qu’en Irak et même en Afghanistan, voire en Syrie qui tourne au cauchemar des peuples surplace. L’Irak menacée de partition là où on faisait la guerre soi-disant pour détruire les armes de destruction massive et apporter la démocratie. 12 ans après, tout ceci était du vent vendu aux peuples du monde qui ont tout gobé comme des gogos. Comment alors s’étonner que 85% d’Américains ne font plus confiance à leur gouvernement. Il faut voir l’horreur que vivent ces peuples envahis et divisés, ces territoires détruits pour rien et ces nouveaux dictateurs à la Al-Maliki, président de l’Irak, incapable de réunir son peuple autour d’un projet commun pour le Bien de Tous (2).

Selon CNN, le suspect s’appelle Ahmed abu Khattalah. Il a été capturé Dimanche, suivant le communiqué du chargé de la communication du Pentagone, Rear Adm. John Kirby.

Khattalah est détenu dans une localité hors de la Libye, déclare le Pentagone.

Khattalah est recherché depuis un an que les procureurs fédéraux ont engagé des poursuites contre lui à propos de l’attaque de Benghazi ; attaque dans laquelle des militants ont tiré des grenades et autres projectiles sur le consulat américain en Lybie. L’Ambassadeur Stevens et trois autres diplomates y ont trouvé la mort. Khattalah est le premier interpellé, en connexion avec la tuerie.

Le suspect comparaîtra bientôt devant une Cour Américaine, précise Edward Price, assistant de l’Attaché de Presse du Conseil de la Sécurité Nationale.

 

(2) Lire dans les Echos : L’Irak et la vengeance de l’histoire : le retour du califat.

Près de trois ans après le départ des troupes américaines, l’Irak est plus que jamais menacé d’implosion. L’Etat islamique en Irak et au Levant a déjà, du moins symboliquement, effacé la ­frontière avec la Syrie… A ce jour l’EILL qui a ajouté à son nom initial « Levant » (pour Grande Syrie), regroupe quelques milliers de combattants (environ 6.000 en Irak et de 3.000 à 5.000 en Syrie, dont plusieurs milliers d’étrangers, notamment des Français). 

 

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