L’enfumage du pacte de responsabilité. Un éclair de lucidité au PS. C’est extra.

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A force de tout reporter sine die – comme avec ce remaniement qui ne vient toujours pas, malgré les 19% d’opinions favorables – de ne s’attaquer à rien en faisant semblant de s’attaquer à tout, il arrive un moment où même les amis commencent à en avoir le ras le bol de la supercherie et sont obligés de dire les choses telles qu’elles le sont réellement. Bien sûr tout ne peut pas être transparent et ne l’a jamais été. Mais de là, à instaurer un Théorème à la Zemmour disant que « l’hypocrisie est la base de la civilisation » ( Paris Première, vendredi), il y a un pas qu’on ne peut pas sauter, même si de l’autre côté, la transparence n’est et ne saurait être totale. C’est le pouvoir qui veut qu’il en soit ainsi, étant par nature dissimulé. Secret d’Etat dit –on.

Vous devez vous dire, mais de quoi s’agit-il ? Je vous réponds, de la réaction du Sénateur de la Nièvre, lire dans POLITIQUE ET SOCIETE dans les Echos ACTUALITÉS

Hollande n’a « ni le moyens, ni la volonté de dégager 50 milliards d’économies », affirme Gorce.

Gaëtan Gorce, le sénateur socialiste de la Nièvre, a écrit lundi que François Hollande n’avait « ni les moyens » ni « la volonté de dégager 50 milliards d’économies supplémentaires » annoncés d’ici la fin du quinquennat. Cette annonce, est selon lui, un « leurre destiné à enfumer » la Commission européenne.

 Ni les moyens, ni la volonté.

Au registre des reports :

La baisse des impôts c’est pour 2015, paraît-il.

L’éventuelle fin du cumul des mandats, c’est pour après 2017… on refile la patate chaude à quelqu’un d’autre et on gagne en tranquillité.

La réforme du millefeuille territorial, renvoyée aux calendes grecques.

Celle de la fonction publique et de ses effectifs pléthoriques ainsi que l’avancement automatique, entre silence et flou. Le PM Ayrault s’est engagé par écrit, tel un syndicaliste, à maintenir l’avancement automatique des fonctionnaires.

La logique qui doit prévaloir est pourtant simple : il faut aller vers une logique de mission pour lesquelles on embauche des gens pour exécuter des missions. Cela permettra d’avoir une idée sur le travail fourni et de sortir de plusieurs mythes : par exemple que le service public est l’apanage des fonctionnaires ; ce qui leur donne droit à  avancement automatique et d’un et de deux à un régime de retraite privilégié sans oublier l’emploi à vie.

Là aussi, le compte n’est pas bon. Ni les moyens, ni la volonté.

L’Elysée promet de baisser les impôts des entreprises dès 2015.

Quand on a vu le mic mac depuis l’Amérique du décalage/recollage de la communication du Medef vs le gouvernement, on a compris qu’il était question d’enfumage et de beaucoup de mauvaise foi. Certes Edouard Leclerc est d’accord pour fournir des contreparties. C’est normal, c’est le type même de sociétés : les grandes surfaces et la grande distribution qui dégagent de grosses marges et qui doit non seulement revaloriser les salaires de son personnel des rayons mais également embaucher. Terra Nova ne disait pas autre chose.

Quant aux autres, dans l’industrie par exemple, la contrepartie n’est ni exigible ni à attendre sous la forme d’emplois qui est un format différé. Avant l’emploi, il y a l’activité et les commandes. Avant l’activité, il y a l’innovation et la recherche, pour l’automobile par exemple. Ce qui donne raison au Sénateur de la Nièvre : l’investissement précède l’emploi, dans le contexte actuel.

 

Baisse des charges, attention au marché de dupes !

La philosophie de la baisse des charges est de coller aux autres pays européens et de réduire le dumping social et les délocalisations, en baissant la pression sur les entreprises. On ne peut pas lâcher du lest, pour une mise à niveau concurrentielle des entreprises françaises avec les autres et leur demander dans le même mouvement de se recharger à hauteur de cette baisse des charges. C’est un jeu de dupes, même pas à somme nulle. Du coup, la première version de Mr. Gattaz depuis l’Amérique était la bonne, car véridique, quasiment mathématique et philosophique. N’en déplaise à Mr. Emmanuelli qui s’en est expliqué vivement avec Zemmour (Paris Première, vendredi dernier).

Le gouvernement n’a pas de contreparties chiffrées à attendre, ni à exiger, a dit Dominique Seux, qui ne fait pas de politique. Tout au plus peut-il attendre les « effets d’entraînement » de sa mesure, si tenté qu’elle soit suffisante et qu’elle ait la portée nécessaire pour justement créer ces effets d’entraînement. L’analyse économique froide donne raison à la thèse de « zéro contrepartie ». CICE amélioré ou renforcé, c’est mieux de le présenter ainsi, pour les politiques.

Encore une communication gouvernementale totalement ratée.

Rappel des termes du débat Dominique Seux/Terra Nova. 

Quelles contreparties l’Etat peut-il attendre des entreprises, en échange de son pacte de responsabilité ?

Dominique Seux a répondu clairement : aucune. Mettre sur la balance 10 milliards là où les entreprises cotisent pour 380 milliards et demander des contreparties chiffrées et ou comptables (version Montebourg), ce n’est pas rationnel. Tout au plus peut-on  demander du qualitatif mais pas du quantitatif.

Son interlocuteur, le Président de Terra Nova est d’accord avec cette réserve que toutes les entreprises ne sont pas logées à la même enseigne. Peut-être que certaines pourraient effectivement être soumises à contreparties quantitatives.

Auparavant, Michel Sapin a eu un trait d’humour qualifiant ce pacte de non diabolique. Il a dit que « le pacte de responsabilité n’est pas un pacte avec le Diable ». J’apprécie cet humour qui le décoince et lui donne un air sympathique pour le coup, lui l’austère en Diable. Mon commentaire : qu’il le prouve et on achètera! Pas de chèque en blanc. 

France 3 , 1o Février.

Après, le CICE, le pacte de responsabilité, voici venu le temps du conseil de l’attractivité…

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