Le militantisme administratif au sommet d’un Etat socialiste en errance.

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Le gouvernement peut-il faire sauter un échelon territorial ? Réponse : comme il fallait le prévoir : NON. La mise en scène de la réforme territoriale était donc du pipeau, comme il fallait s’y attendre. Des mots, rien que des mots et encore des mots.

Le mille-feuille territorial n’a pas à craindre de perdre une de ses couches, a assuré Marylise Lebranchu, ministre de la réforme de l’Etat, de la décentralisation et de la fonction publique, mardi 21 janvier, lors des vœux de Claudy Lebreton, président socialiste des Côtes-d’Armor et de l’Assemblée des départements de France. (le Monde)

Ministre de la réforme de l’Etat, de la décentralisation et de la fonction publique, encore un ministre qui ne sert déjà pas à grand chose, sinon au décorum. On pouvait en faire l’économie dans ce gouvernement annoncé restreint et au final pléthorique. Notre président a une culture territoriale : personnel pléthorique et conservation des rentes et des statuts éculés. Ce Ministère en est un. Il fallait garantir une rente et un poste à une amie sans job et voilà le travail. Du côté de l’UMP, c’est pas mieux, lorsqu’on voit les têtes des listes européennes qui cherchent encore une voie de garage. Certains hommes politiques et femmes  n’ont pas honte. Ils mourront minables. Plus d’un demi siècle aux plus hautes responsabilités, échec aux scrutins uninominaux, ce qui veut dire rejet du peuple, mais imposture aux scrutins de listes et indirects où là on vole pratiquement le siège. C’est le côté abject et pathétique du politique qui la désert. Mais, rien n’y fait, les magouilles politiques sont telles que les partis sont en soi des chasses gardées, des instruments au service de ceux qui les gèrent. C’est donc une caricature électorale à laquelle nous assistons.  Quelqu’un a décrit tout cela par une phrase : le système des partis politiques est en réalité un parti unique qui se drape des oripeaux du multipartisme, alors que c’est du pareil au même, en termes de réflexes et de comportements usurpateurs sur l’ensemble de l’échiquier. Le tout n’en fait qu’un.

Donc, la réforme de Hollande des collectivités territoriales n’aura pas lieu. Trop de bouches en France à nourrir et qu’importent l’Etat et l’intérêt général inconnu (l’intérêt général) dans le lexique politique Français.

Celui qui ne voit que derrière la suppression d’un échelon – encore qu’il ne s’agit pas véritablement de suppression mais de rattachement et de meilleure coordination de l’un à l’autre : le conseiller général devenant territorial, c’est-à-dire élu à l’échelle du département pour le représenter à la région, un peu sur le modèle européen – celui qui voit en cette articulation une défaillance est un menteur. Nos élus font donc du lobbying administratif : pire qu’aux US. Leur nombre pléthorique doit être réduit. A la hache s’il le faut. Après tout, ceux de cette génération qui ne s’en va pas ont accumulé suffisamment de rentes qu’ils ne sont pas à plaindre. Mais voilà, ce sont d’anciens pauvres, pour la plupart et donc INSATIABLES et AVIDES DE POUVOIR pour se venger de leur jeunesse crasseuse et misérable. C’est bien connu, la vengeance du pauvre devenu riche est terrible : on appelle ces gens les nouveaux riches, une espèce risible où se recrutent les beaufs et les goujats en tous genres.

Voilà le socialisme réduit à l’errance, faute d’ambitions, de cap et de projets. Comment voulez-vous qu’ils aient une vision et un programme ? Rétropédalage sur rétropédalage, ce gouvernement tourne en rond. Ces gens qui  n’ont de cesse ce critiquer les chômeurs sont dans une telle crainte du chômage, sachant qu’ils ne sont pas employables et en rien créatifs, pour ne pas dire, preneurs de risques, habitués à être pris en charge par l’Etat généreux, ils font la politique du pire : celle du ventre affamé qui n’a point oublié la faim et qui n’a point d’oreille.

Lobbying departemental

La Grande Bretagne qui a déjà drastiquement réduit ses circonscriptions en a encore réduit l’an dernier. La circonscription du vice PM, Nick Clegg a été refondue et n’existe plus. Il est resté tel qu’en lui-même, car c’est un Homme d’Etat, pas un rapace tel qu’on en voit dans le cloche-merle français. Et c’est lui qui a initié et conduit la réforme, c’est dire. Il ne l’a pas subie, mais engagée, en sa qualité de responsable de la réforme de la Vie Démocratique. Voici un cap et un enjeu de société pour un Etat qui pense son avenir. Réforme de la vie démocratique, cela a de la gueule et surtout de l’envergure et fait apparaître notre réforme de l’Etat comme naine.

Vous voulez toujours continuer à bouffer du socialisme errant, volatile et désinvolte vous crachant au visage  ? C’est à vous de voir. Quant à moi, c’est tout vu. CHANGE. NOW !

NOW. Première étape en Mars. N’ayez pas la main qui tremble. Sinon, vous repartez pour 3 ans d’errance et d’ennui mortel, car il ne se passera plus rien. Cette fois-ci, vous n’aurez qu’à vous en prendre à vous-même.

Ministre de la réforme de l’Etat, de la décentralisation et de la fonction publique ? Encore un job fictif. Depuis 20 mois, en avez-vous entendu parler ?

Dans le dernier billet, j’annonçais ceci :

On voit déjà la proposition de Devedjian du Conseil Général du 92 demandant à fusionner avec les Yvelines et non avec Saint-Denis pourtant tout aussi proche. Chacun peut donc y aller de son marchandageIl faut supprimer les Conseils Généraux partout en France et transférer leurs compétences aux Régions. Les Préfectures restent donc en place pour le maillage administratif ; cela éliminera le doublon Préfectures/Conseils Généraux. Les deux niveaux Intercommunalités et Régions auront en outre l’avantage de clarifier les compétences. Idéalement, le découpage régional devrait coïncider avec les circonscriptions européennes. Les sénateurs seront réduits aux Intercommunalités ; leur nombre variant avec la taille de l’intercommunalité. Ce qui réduira automatiquement leur nombre. J’allais oublier : ils seront élus au suffrage direct. Cela nous évitera des sénateurs décoratifs et des impostures.

Une modification de la Constitution sous Raffarin a ajouté ceci à la Constitution « La France est une République Une et Indivisible. Son organisation  est décentralisée« . Donc, c’est le choix des intercommunalités (la métropole étant une super intercommunalités) et celui des Super régions qui s’impose naturellement, si on suit la Constitution remaniée.

Hollande  n’a toujours pas choisi. Sa gestion de la France ressemble à celle de sa vie privée. Connaissant l’homme des clairs-obscurs et du flou artistique, il est à craindre que le flou demeure longtemps sous l’apparente volonté affichée.

Je n’ai pas regardé la dernière conférence de presse, sachant que l’homme n’est pas fiable et joue avec tous les symboles et se joue de tout le monde. Mais, puisque la presse anglo-saxonne piaffe, je vais regarder en mode review sur le  net. L’Europe regarde aussi et si Hollande continue à jouer, il y aura de la casse.

Force est de constater que mon intuition a été la bonne. Deux jours après, la vérité est  là : il ne se passera rien. C’était de la gesticulation.

Avec cette différence fondamentale :

1. L’Europe veille et regarde.

2. Le Royaume-Uni regarde et est sur le qui-vive ; si d’aucuns font les réformes et le boulot pour que la France entretienne ses vieilles lunes et maîtresses alors, il y aura de la casse et probablement une désunion.

3. Les agences de notation regardent également toutes ces singeries. Mais qu’est-ce que la France en a encore à foutre des dégradations : ses amis de la finance veillent au bon grain de la descente en enfers.

4. Le monde entier aussi. Le message actuel est qu’il ne fait pas bon de faire le business en France et/ou avec les Français : ils n’ont pas de parole.

Cerise sur le gâteau : Londres est devenue la ville touristique la plus visitée au Monde et a remplacé Paris au Palmarès. Londres vit et se construit pour de vrai, pas avec des fausses vraies annonces. Paris s’ennuie et trompe  le monde entier sur son projet d’aménagement du territoire,  y compris son propre peuple. Pauvre France, condamnée à l’errance pendant 3 ans encore. Putain, 3 ans  de cloche merde!

Capture SP2

Scène Publique 2.  Elections en France. Que devient le projet Démocratique ?

Lire dans scene publique 2 le mag. (photo cliquez sur l’image) Compétences territoriales et échelon territorial, qui fait quoi ? Plongée dans un imbroglio aux financements croisés qui handicapent l’efficacité de l’action publique territoriale et retarde la mise en oeuvre des plans Etat-Régions. Trop de réunions, de bureaucratie, de strates décisionnelles … au final, perte de temps, manque de coordination, éparpillement, retards dans l’instruction et la mise en oeuvre, etc…

Voir aussi dans le numéro 1, le débat sur la décentralisation et les intercommunalités.

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