Sommet de l’Elysée. L’Afrique continue à faire des courbettes à Paris.

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Aujourd’hui, l’Elysée tient sommet sur l’intervention française en Centrafrique devant une quarantaine de Chefs d’Etats Africains, convoqués à Paris, pour faire de la figuration, comme toujours. 53 ans après les indépendances, quelle tristesse et quelle bassesse ! L’Afrique aux ordres de Paris, encore et encore. Une photo déjà vue maintes et maintes fois et qui signe à l’encre indélébile, la phrase d’Henri Guaino de Dakar que des âmes hypocrites avaient vite fait de condamner « l’homme Africain n’est pas encore suffisamment entré dans l’Histoire ». Car, sachant la discrimination et le mépris qui frappent les immigrés d’origine africaine en France, je  ne parle même pas de racisme et de maintien dans la pauvreté, c’est une véritable désolation de voir les Africains attablés à l’Elysée pour souper et dîner.

Messieurs les Présidents, je vous souhaite bon appétit, à la façon du conte du porc-épic et le lièvre africain. Puissiez-vous finir comme le porc-épic ?

Il n’est pas anodin que Mandela meure, pile poil à ce moment précis, comme pour faire la nique à ce sommet dégradant pour l’Afrique. Un sourire de l’icône qui semble demander aux chefs d’Etats Africains, en séminaire à l’Elysée, « que faites-vous là » ? Vous n’avez pas honte de vous ?

La France, pays des droits de l’homme, rappellé à l’ordre par les Nations Unies pour non respect de ces droits de l’homme, eu égard à la situation anachronique des immigrés et des minorités dans ce pays. Et les chefs d’Etats africains gobent cela. Sont-ils au courant de ce que les jeunes diplômés et moins jeunes africains n’ont pas leur place en France ? Qu’ils vivent une double déportation : une dans la banlieue et l’autre hors de la France pour aller voir ailleurs s’il y a du travail ?

Le moment est très mal choisi pour que les Chefs d’Etats Africains viennent siéger dans un pays qui affament leurs enfants.

 

Hommages à Mandela du monde entier

Le flot de bonnes paroles contrastant avec le traitement des minorités fait sourire. On dit beaucoup de Mandela qu’il ne cultivait pas la vengeance et la haine. Qu’il avait prôné la réconciliation et le pardon. C’est avec ce type de rengaine qu’on retourne le cerveau malléable des Noirs depuis des siècles. Ceux là même qui prononcent ces mots mielleux sont pourtant les champions de la sélection sociale et de l’entre soi white and white. Ces phrases ne trompent que les naïfs. On ne juge pas aux paroles, mais aux actes et en Occident, toutes les bonnes paroles contredisent les actes. C’est que du flanc.

Dans une tribune du NYT, il est écrit que de manière ironique, une portion croissante de Sud Africains se fait de plus en plus critique et disent leur ressentiment sur le fait que Mandela aurait sacrifié la Libération des Noirs sur l’autel des intérêts des Blancs. Vous pouvez adopter votre propre traduction de la phrase suivante : « It is ironic that in today’s South Africa, there is an increasingly vocal segment of black South Africans who feel that Mandela sold out the liberation struggle to white interests », tirée du texte du NYT. A lire ici.

Le texte du NYT se poursuit ainsi :

The blame-Mandela movement is not by any means a groundswell, but it is loud enough in its vehemence to warrant attention. It is led by individual activists whose main platforms are Facebook, Twitter and other social media, and in its formal sense by such organizations as the September National Imbizo, which believes that “South Africa is an anti-black white supremacist country managed by the A.N.C. in the interests of white people. Only blacks can liberate themselves.” The claim is that the settlement reached between the A.N.C. and the white apartheid government was a fraud perpetrated on the black people, who have yet to get back the land stolen by whites during colonialism. Mandela’s government, critics say, focused on the cosmetics of reconciliation, while nothing materially changed in the lives of a majority of South Africans.

Je disais la même chose dans un texte « Mandela, face B », avec cette différence que l’auteur du NYT dont on vient de lire les propos est dans un parfait exercice d’équilibriste consistant à avouer à demi-mots la dure réalité que le discours ambiant et politiquement correct ne veut pas voir. Les Blancs sont donc obligés de surenchérir d’éloges glorieux. Et lorsque quelques uns consentent à tenir des propos véridiques, ils le font malgré eux, en prenant bien soin de reporter les méfaits sur les Noirs (corruption des cadres de l’ANC qui se sont enrichis et critique de ceux qui revendiquent une Justice pour les Noirs) tout en dédouanant les Blancs de tout ou presque. On connaît cette musique destinée à endormir les esprits critiques par coeur.

Les Africains doivent se prendre en charge, à l’instar des pays de l’Asie. Toute aide de Paris est un pis aller. Une greffe qui ne peut plus rien rattraper en Afrique. L’Afrique a pourri sa gouvernance : il faut que ce pourrissement aille jusqu’au bout. Lorsque le Kenya a été victime d’une attaque terroriste, le président Kenyatta a  tenu à ce que seuls les soldats Kenyans soient au front. Il est impensable que les Africains, en 50 ans d’indépendances soient incapables de régler une rébellion dans un pays. Depuis le temps que la France leur vend des armes, en guise d’aide au développement, que font les soldats dans les casernes ? Boire et manger ?

Les immigrés ont suffisamment gros sur le coeur ici pour assister à ce spectacle humiliant de l’Afrique au pied de la France. Certes, on dit le rapport des forces en faveur des Chefs d’Etats Africains courtisés de toutes parts. Au vu des résultats, en matière d’urbanisation, d’hygiène, de santé, d’éducation, d’administration, de corruption, d’émigration et de pauvreté pour cause de chômage et d’incapacité géostratégique et militaire, le doute est permis.

L’Afrique du Sud, naguère prospère sombre : 8 Noirs sur 10 sont pauvres et vivent dans des conditions insalubres. La même proportion chez les Blancs vit bien. 40% de ces pauvres Noirs abandonnés à leur triste sort n’ont pas de logements décents et vivent encore dans des baraques en tôles qui se transforment la nuit en véritables fournaises, puisque la tôle renvoie la chaleur emmagasinée le jour à l’intérieur des maisons. Il fait chaud dans ces pays. Le chômage et l’insécurité sont rampants. Bref, le travail est colossal. Et dire que, dans les années 80, l’Afrique et les pays d’Asie étaient logés à la même enseigne sous-développée. Aujourd’hui, la Chine est partie à la Lune. L’Asie bat tout le monde, en matière d’éducation, Europe et US compris.

Pendant ce temps-là, l’Afrique croit encore au Père Noël et aux paroles mielleuses qui cachent du fiel et une moquerie planétaire. Le mépris en sus.

Ce sommet Centrafricain et les Chefs d’Etats Africains présents déshonorent l’Afrique. Il faut entrer dans l’Histoire, c’est-à-dire, sortir de la dépendance et faire les choses par soi-même.

Mali, Centrafrique, on prend les mêmes et on recommence le manège. Jusqu’à quand ? Certains Chefs d’Etats ont changé mais rien n’y fait. Peut-être va-t-on reprendre le conseil de Cameron qui invite les Britanniques à se mettre au Chinois et à laisser tomber le Français. Cela montre à quel niveau se trouve la Francophonie.

Vive la Chine !

En Décembre, il paraît qu’on remettra le couvert. Pourquoi se gêner. Combien de temps ce manège va-t-il encore durer ?

 

Et les obsèques de Mandela alors ? 

Extrait de X (forum yahoo). Je me souviens assez clairement de cette délégation de parlementaire 3UDF 3RPR 3FN se rendant en Afrique du sud en plein apartheid en 1987 et revenant en nous expliquant que l’apartheid n’existait plus.

Je me souviens aussi qu’en 1988 Dulcie September représentante de l’ANC en France demandait la protection de la police française refusé par Pasqua ministre de l’intérieur qui comptait dans son cabinet un membre du lobby pro apartheid, elle devait être assassinée quelques mois plus tard en plein Paris.  Son assassin n’a jamais été inquiété .

Je me souviens aussi que le gouvernement socialiste a continué à autoriser les relations commerciales parfois via des intermédiaires en contradiction avec les préconisations de l’ONU.

Et je me souviens aussi du meeting que des jeunes de l’Union des étudiants communistes avaient organisé avec Solly Smith successeur de Dulcie September, ovationné debout pendant de longues minutes des moments fort de notre vie militante.

Le combat continu.

Avant les obsèques

Les délégations africaines à Paris vont faire des emplettes de malade pour Noël. Emplettes de luxe pour séjour de luxe svp. Ainsi s’écoule l’argent de l’Afrique vers un Ailleurs qui a bien raison de se frotter les mains. L’Afrique saignée, encore et toujours pour le profit de l’Occident. Il devient Normal de protéger le Veau d’Or.

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