Comment transformer l’insatisfaction populaire en action politique ? Le dilemme Français et Bulgare.

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France/Bulgarie. Le rejet des partis politiques se confirme.

 Sofia Morning News publie des extraits d’une interview de son Excellence, Xavier Lapeyre de Cabanes, Ambassadeur de la France en Bulgarie disant que les manifestations en cours contre le gouvernement sont la conséquence de problèmes non résolus et de longue date.

Le titre de l’article est plus explicite encore : « le représentant de la France pense que les marches de protestations contre le gouvernement en Bulgarie signalent l’existence des problèmes chroniques ».

Ci-dessous, la traduction de l’article de Sofia Morning News.

« Les manifestations d’aujourd’hui ne sont pas uniquement imputables au gouvernement en place. Le fait est que : le problème existe depuis 25 ans ». Annonce faite par l’Ambassadeur de France, dans une interview ce samedi avec Nova TV. L’Ambassadeur commentait les 5 mois de manifestations contre le gouvernement conduit par les Socialistes ».

Je précise bien que je traduis l’article sans plus. L’ironie est ici à son comble. C’est une véritable délectation. Mais poursuivons.

« L’envoyé Français était chargé des relations publiques à l’Ambassade de France de Bulgarie, au début des années 90 et sa femme est Bulgare », continue l’article.

« Dans cette interview de ce samedi, l’Ambassadeur fait valoir que Sofia est dans une meilleure condition que dans celle des premières années de la période de Transition ».

« Les gens sont mieux habillés, l’économie se développe et le métro est propre ».

« Les gens sont dans la rue parce que les choses n’ont pas suffisamment changé au cours des 20 dernières années. Il est normal, dans une démocratie, qu’une personne se sente insatisfaite à certains moments.  La différence entre un régime totalitaire et une démocratie est que, dans le cas  de la démocratie, on a le droit d’exprimer son mécontentement. La chose difficile est de transformer cette insatisfaction en action politique. Je n’ai pas encore saisi le but réel de ces manifestations, mais ceci est probablement dû au fait que je n’ai probablement pas passé assez de temps avec les manifestants », explique l’Ambassadeur.

« Je crois que la Bulgarie a traversé beaucoup de changements sur les 20 années écoulées et les gens sont habitués à des élections fréquentes. Ce qui est normal pour une démocratie et est plutôt un élément positif, puisque c’est le signe que la Constitution fonctionne. De l’autre côté, le problème est que les citoyens sont toujours, de toute évidence, insatisfaits du système politique qu’ils ont actuellement. La preuve la plus évidente de leur mécontentement est le faible taux de participation aux élections parlementaires – à 52%, c’est un taux très faible. Ceci montre que les Bulgares ont une confiance modérée pour les partis politiques qui cherchent à diriger le pays. Ceci est un peu inquiétant », a poursuivi l’Ambassadeur.

« Le Parlement actuel représente seulement 1/3 des électeurs environ. Donc, la majorité a été élue par seulement 20% des électeurs. Naturellement, ceci ne rend pas la majorité illégitime, car dans un régime démocratique, il faut voter », a-t-il insisté.

« Le  problème qui remonte aux années 90, lorsque j’étais ici, est le taux de corruption. Entretemps, plusieurs mesures ont été votées, une commission ayant pour objectif de confisquer les biens mal acquis a été établie »,  note l’Envoyé Français.

« Appelé à commenter les peurs sur les séries d’attaques Xénophobes, l’Ambassadeur a répondu que le fait n’a pas encore atteint des proportions dramatiques ».

Fin de l’article.

Qu’est-ce qu’on dit ? Que toute ressemblance avec la France n’est que pure coïncidence ?

La Bulgarie vit sous la contestation gouvernementale depuis bientôt 6 mois. Sous la pression populaire, des élections législatives anticipées ont eu lieu pour changer de gouvernement. Chose faite, mais toujours pas de satisfaction. Les Bulgares reprochent au Parlement d’être non représentatif et corrompu. Bref, comme en France, ils expriment une grande lassitude des politiques, toujours les mêmes disent-ils et appellent à un changement de personnel politique ou à tout le moins à son extrême diversification avec 50 % des membres de la société civile dans les instances du pouvoir. Le roulement d’un parti sur l’autre est un cycle qui arrive à sa fin. 

En savoir plus. Lire :

– Les Bulgares en colère demandent « un Conseil du Peuple et un quota de 50% de participation civile dans la sphère Politique ». – 4 mars 2013 par Elise Mbock

– Réformes structurelles. La vice Présidente de la Commission Européenne presse la Bulgarie de lutter contre la corruption et l’Oligarchie. – 25 juillet 2013 par Elise Mbock.

Dossier Bulgarie 1. scenepublique.com

et Dossier Bulgarie 2. scenepublique.net

 

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