Syrie. La paix passe par le dialogue et non par les armes. L’ombre de la mort rôde depuis le Qatar.

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Armement des rebelles : feu vert des Amis de la Syrie

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	R&eacute;union des Amis de la Syrie les 21 et 22 juin &agrave; Doha.<br /><br />

| © D. R.
Réunion des Amis de la Syrie les 21 et 22 juin à Doha.
 

Source :  Al Watan. Comme il fallait s’y attendre, la grand-messe de Doha a tourné, hier, à une sorte de réunion de «guerre» entre Amis de la Syrie sur comment approvisionner et par quel type d’armement les rebelles qui guerroient contre l’armée d’Al Assad.

Malgré les mises en garde de Vladimir Poutine et les réserves du médiateur de l’ONU, Lakhdar Brahimi, les ministres des Affaires étrangères des Etats-Unis, de France, du Royaume-Uni, de Turquie, d’Allemagne, du Qatar et d’Arabie Saoudite se sont mis en ordre de bataille au service des différentes factions de l’Armée syrienne libre (ASL). Le Premier ministre qatari, cheikh Hamad Ben Jassem Al Thani (HBJ) a, d’entrée, montré la conduite à tenir à ses invités : «Nous devons apporter toute forme de soutien aux forces de l’opposition (…), leur approvisionnement en armes sera l’unique moyen de rétablir la paix.» Il a ensuite invité ses homologues à adopter «une feuille de route avec un calendrier précis pour garantir un règlement pacifique en renforçant la lutte de l’opposition syrienne».

HBJ a ainsi donné le la à un concert de déclarations allant dans le même objectif qui consiste à plaider pour l’armement de l’opposition syrienne. Le communiqué ayant sanctionné cette réunion de Doha ne s’est pas écarté de la ligne de «front» tracée par Hamad Ben Jassem, sans doute ficelée avec ses mentors occidentaux. Le principe de l’aide militaire aux rebelles syriens a été appuyé par neuf pays participants, alors que deux autres ont émis des réserves. Il y a été notamment convenu d’«une aide urgente en matériel et en équipements» à la rébellion afin de lui permettre de faire face aux «attaques brutales du régime».

HBJ en chef de guerre

Les participants ont souligné dans leur communiqué que «toute aide militaire sera canalisée» par le Haut-Conseil militaire syrien relevant de l’ASL, principale faction de l’opposition armée. En revanche, aucune précision n’a été  fournie sur la nature des armes à accorder aux soldats de l’ASL. «Les Amis de la Syrie vont chacun à sa façon, chacun choisissant son approche, augmenter la portée et l’ampleur de leur assistance à l’opposition politique et militaire», a déclaré sobrement le secrétaire d’Etat, John Kerry, sans préciser si son pays allait apporter une assistance militaire à la rébellion.

De son côté, le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, avait déclaré aux journalistes, avant l’ouverture de la réunion, que son pays n’avait «pas pris la décision» d’armer la rébellion syrienne. Bien qu’on ne le sache pas officiellement, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ne participeraient pas concrètement à cet effort de guerre, du moins tel que le souhaitent le Qatar et ses alliés. Les deux grandes puissances pourraient se limiter à un soutien logistique, d’assistance et, peut-être aussi, à l’entraînement des rebelles. A vrai dire, le Qatar et l’Arabie Saoudite avaient juste besoin d’une «bénédiction» américaine pour mettre leurs arsenaux de guerre au service des rebelles syriens comme ils l’ont fait en Libye.

Les armes «secrètes» du Qatar

Il leur manquait juste cette couverture «diplomatique» pour livrer l’artillerie lourde pour «renverser l’équilibre sur le terrain», comme l’a déclaré Hamad Ben Jassem, dans sa posture de chef de guerre. Pour cause, ce dernier a glissé hier, au terme de la réunion, que les participants ont aussi pris «des décisions secrètes». De quel genre ? Mystère…Le porte-parole de l’ASL, Louaï Moqdad, avait indiqué vendredi à l’AFP que l’ASL avait reçu récemment de l’étranger des quantités d’armes «modernes» susceptibles de «changer le cours de la bataille».

Il avait précisé qu’il s’agissait d’armes antiaériennes et antichars, ainsi que de munitions. Un début de réponse ? Sans doute. Burhan Ghalioun, figure de l’opposition, a confirmé aussi que l’ASL avait reçu «des armes sophistiquées», citant notamment «un système de défense antiaérien». Autant dire que la réunion d’hier à Doha a peut-être entériné des décisions déjà mises en application… Le Qatar et sa «sœur» ennemie, l’Arabie Saoudite, qui sont déjà en guerre par procuration contre Bachar Al Assad, vont-ils mettre les grands moyens ? Très possible.

Les décisions annoncées et celles, «secrètes», prises hier, traduisent en tout cas la volonté de Doha et Riyad qui y trouvent bien leur compte. Mieux encore, ils ont obtenu des Amis de la Syrie d’«exiger» dans leur résolution finale que l’Iran et le Hezbollah libanais «cessent d’intervenir dans le conflit». Les Amis de la Syrie ont certainement réussi à encourager l’opposition à aller à la conférence dite Genève 2 pour une solution politique. Désormais, ils devraient peut-être faire un trait sur la participation du régime Al Assad.

Allez plus loin dans Al Watan. Entraînement des rebelles syriens par la CIA Amman dément – Que change ce démenti, connaissant ce qui vient d’être dit. Ca revient au même.

Lire aussi. La mobilisation citoyenne se poursuit au Brésil.

Rappel des enjeux.  Syrie. Dossier scene publique.com

 

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