« Soyez moins gourmands » : l’appel de l’Evêque de Londres à la génération des Baby boomers.

Share Button
  • Au Royaume-Uni, on a du travail de fond et de qualité, hors commentaires simples et, oh miracle, les Evêques et l’Eglise ont droit à la parole publique, sans être censurés, dédaignés ni traités de vulgarisateurs d’un « populisme Chrétien » par les adeptes de la cause gay officiant dans les médias. Ce qui ne devrait pas vous étonner. Nous sommes en Normalie. Donc « populisme chrétien », affirmation gratuite, tant que non démontrée. Au demeurant, démonstration impossible. Si par populisme, on veut dire surfer sur le sentiment dominant ou caresser les citoyens dans le sens du poil (avis péjoratif au passage), c’est méprisant pour le peuple que l’on considère comme infantilisé et à qui on doit faire la leçon. Mais admettons ce mensonge, que dire alors du mariage gay ? Populisme homo ?

Pour les tenants de la théorie d’un « populisme chrétien », même le Pape ferait du « populisme chrétien ». Eh bien, l’Eglise est de retour dans le débat et nul ne doit être exclu du débat public. Disant cela, on se pose en Républicain Laïc.

Vous voulez paraître « in » et « très savant », et « au-dessus de la mêlée » sans avoir à démontrer quoi que ce soit, dites « populisme » à tout et le tour est joué. Réductionnisme Réflexif affligeant quand on constate le manque criant d’articles de fonds comme les deux articles du Guardian et du Télégraph qui ont été communiqués par le Huffpost à sa communauté, comme méritants un arrêt impératif. Et on s’y est arrêté.

La plus longue récession sur un siècle, titre le Huffpost dans son mail communautaire de Mehdi’s Morning. C’est le constat formulé par un Think Tank Britannique (IFS) qui montre comment Londres a réduit la facture salariale annuelle de sa fonction publique de 52 milliards en réduisant les salaires – selon les régions cela va de 3,9 à 10,6 en moins (voir la carte dans le Guardian) de coupes salariales -et en abaissant les retraites. Une chose que les Britanniques ont acceptée pour conserver leur job.

C’est du reste la même recette que l’Estonie a appliquée avec succès. Pourtant Londres reste dans le rouge et les chiffres de sa production industrielle d’Avril montrent une chute pour la première fois. La différence de population pourrait expliquer le différentiel des résultats. 1, 3 de population en Estonie et 60 millions du côté du Royaume, ça fait une grande différence. Londres a besoin de plus de temps que l’Estonie pour retrouver le bon équilibre.

Malgré tout, cette politique reste d’actualité, car comme le dit si bien l’Evêque de Londres, « il  faut que la génération chanceuse des baby boomers réduise sa gourmandise en argent, car elle coûte plus qu’elle ne rapporte au travail comme pour sa retraite ». Il s’agit d’une réflexion de très grande portée qui concerne les hauts salaires injustifiés par la productivité des intéressés, puisque indexés non sur leur productivité mais sur une grille d’avancement abstraite et placée sur pilotage automatique. Une conception du travail et de l’avancement au travail qu’il convient de revoir afin d’ajuster la productivité à son coût. Londres a également réduit les allocations familiales aux familles concernées qui cumulent les rentes, car c’est de cela qu’il s’agit, à présent qu’en plus l’âge de la retraite est avancée et qu’on vit plus longtemps.

Quand on voit par exemple qu’en France, la retraite finale sera calculée, comme cela a toujours été le cas, sur les 6 derniers mois où le salaire est le plus élevé, il y a un souci. C’est peut être cela que Nicolas Sarkozy voulait nous dire lorsqu’il évoquait le fait qu’il a surprotégé la France – probablement au-delà du raisonnable -. Le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite aurait-il suffi ? Ou fallait-il aller plus loin dans la restructuration du personnel de la fonction publique voire carrément réduire les salaires et les pensions de retraites et, au passage revoir l’indexation de la retraite sur les 6 derniers mois ? Il faut avoir à l’esprit que c’est la même génération de baby boomers qui arrive massivement à l’âge de la retraite et qui pèsera encore plus sur le budget de l’Etat. En gros, cette génération coûte beaucoup plus qu’elle ne rapporte et cela plutôt deux fois qu’une : pendant l’activité et à la retraite. Il ne faut pas oublier également que les Technocrates, fossoyeurs de l’idée européenne en sont issus. Ils étaient payés à prix d’or. Leur responsabilité dans la crise qui frappe l’Europe est indéniable. Malgré cela, ils continuent à vivre grassement aux frais de la princesse et ce sont les autres qui paient les plus lourds prélèvements ; bénéficiaires de minimas sociaux compris. Le comble du cynisme.

Donc, pour résumer, les baby boomers (nos soixante huitards) ont gagné beaucoup d’argent dans une période glorieuse, ont suffisamment épargné ou acquis des actions voire investi dans la pierre ou dans les oeuvres d’art, il n’est pas normal qu’ils continuent à être payés à prix d’or par l’argent de l’Etat ou que l’Etat prenne en charge une retraite coûteuse qu’ils sont à même d’assurer par eux-mêmes. Où est la Solidarité et la Responsabilité intergénérationnelle, je ne parle même pas d’équité. Si dire cela, c’est faire du « populisme chrétien », je m’en réfère à votre jugement.

Lire les articles du Guardian et du Télégraph. Vous aurez ainsi le tableau complet des enjeux. Autant de sujets pour le G8.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*