FMI. Etat de la France.

Share Button

France: Conclusions de la Mission de la Consultation de 2013 au Titre de l’Article IV du FMI

Paris, 3 juin 2013

 

Nous nous attendons à une reprise progressive de la conjoncture économique au second semestre de cette année, mais les risques d’une stagnation plus longue en Europe demeurent élevés. Restaurer la compétitivité externe reste une priorité essentielle et doit être complété par le développement des moteurs internes de la croissance. À notre avis, la stratégie de croissance devrait reposer sur les piliers suivants :

Augmenter la capacité de l’économie à créer de la valeur et à générer des gains de productivité grâce à une concurrence accrue sur les marchés des biens et des services.

Capitaliser sur l’élan de la réforme du marché du travail négociée par les partenaires sociaux pour obtenir de meilleurs résultats sur le marché du travail et réduire les rigidités.

Renforcer les politiques d’activation et améliorer l’efficacité des transferts sociaux afin d’augmenter le taux d’emploi aux deux extrémités de la vie active et de réduire la durée des périodes de chômage.

La stabilité des finances publiques exige que l’effort de consolidation soit poursuivi à moyen terme. Après trois années d’ajustement budgétaire substantiel, il existe une marge pour modérer à l’avenir le rythme de la consolidation, à condition que l’effort soit concentré sur les dépenses et soutenu par la poursuite des réformes structurelles. La restructuration de leur bilan par les banques a fortement réduit les inquiétudes concernant la stabilité financière, même si l’atteinte des ratios de liquidité réglementaires demeure un défi exigeant une amélioration continue des structures de financement.

1. Dans un contexte d’incertitude persistante et de faiblesse des indicateurs économiques, nous prévoyons que la reprise économique ne se matérialisera qu’au second semestre 2013.

2. Comme indiqué dans le rapport de l’an dernier, de fortes rigidités entravent la capacité de l’économie à croître et à créer des emplois.

3. L’aspect positif est que la France bénéficie d’un certain nombre d’atouts structurels qui, dans un environnement plus favorable, pourraient donner une impulsion importante à la croissance.

 

 La situation financière des ménages et des entreprises (prise de manière agrégée) reste relativement saine, et donc une amélioration de la confiance et des marges peut facilement se traduire par une augmentation de la demande. L’économie française peut aussi compter sur un taux d’épargne des ménages élevé, des entreprises d’envergure mondiale de premier plan, une situation démographique positive, une forte capacité de recherche scientifique et une infrastructure publique de grande qualité.

4. L’amélioration du bilan des banques s’est poursuivie à un rythme soutenu et les risques globaux pour la stabilité financière ont considérablement diminué.

5.Dans ce contexte, le défi de politique général est de restaurer la compétitivité et de relancer la croissance par des politiques budgétaire, financière et structurelle qui se renforcent mutuellement.

 

Le Conseil du FMI. Une stratégie de réformes structurelles à mener sur plusieurs fronts

1. Depuis la dernière consultation au titre de l’Article IV en octobre 2012, les autorités ont fait des progrès significatifs sur le front des réformes structurelles.

2. Le CICE apporte une bouffée d’air bienvenue aux entreprises, pour qui la baisse des marges a constitué une contrainte.

3. L’ANI et sa transposition dans la loi constituent un deuxième élément essentiel de la stratégie de réforme et doivent être considérés, à notre avis, comme une première étape dans la réforme du marché du travail.

4. Le coût du travail (et l’écart par rapport à sa productivité) reste un obstacle majeur à l’emploi pour les travailleurs les plus faiblement qualifiés.

5. Agir sur la productivité est le moyen le plus souhaitable de combler l’écart entre le coût du travail et sa productivité et de créer ainsi des emplois.

 

La suppression des obstacles réglementaires et administratifs à la concurrence dans le secteur des services (professions réglementées, transports et commerce de détail) et la redistribution (par une baisse des prix) des rentes existant dans les secteurs protégés constituent le principal levier par lequel des gains de productivité et de nouvelles possibilités d’emploi peuvent être créés dans l’économie. L’entrée d’un quatrième opérateur dans le secteur des télécommunications mobiles illustre les avantages de la concurrence en termes de baisse des prix, qui améliore le pouvoir d’achat des ménages tout en baissant les coûts des intrants pour d’autres secteurs. Les bénéfices en termes de création d’emplois de cette libéralisation (et plus généralement des faibles coûts de l’Internet en France) seront étendus et multipliés dans la mesure où ils ne se traduiront pas par des rentes plus élevées dans les secteurs de services protégés, mais seront utilisés pour créer de la valeur. À cet égard, nous considérons qu’une concurrence accrue, combinée avec le système de protection sociale français, est un instrument positif d’inclusion économique. Le nouveau projet de loi sur la consommation et l’instauration d’une action de groupe qu’il prévoit sont une réforme bienvenue, mais les réformes dans le secteur des services ont longtemps été repoussées par la difficulté d’apprécier les gains potentiels en regard des coûts immédiats pour les secteurs protégés. Nous estimons que le processus peut être relancé en chargeant un organisme indépendant de promouvoir la réforme, par exemple en donnant à l’Autorité de concurrence plus de pouvoirs pour examiner les pratiques et les réglementations dans tous les secteurs de l’économie et pour orienter le débat public à travers un renforcement de son rôle consultatif.

6. Supprimer les contraintes pesant sur la construction de logements pourrait favoriser la modération salariale et stimuler l’activité.

7. Le renforcement des mécanismes de formation des travailleurs et des politiques d’activation constituent d’autres leviers importants pour la croissance.

 

Maintenir la dynamique de la consolidation budgétaire à travers un ajustement de meilleure qualité

1. La consolidation budgétaire nécessaire pour rétablir la santé des finances publiques reste importante sur le moyen terme, mais les mesures devraient désormais être concentrées sur les dépenses.

2. Nous considérons que le rythme de croissance des dépenses publiques prévu par programme de stabilité pour 2014-15 (0,4 % en termes réels en 2014 et 0,3 % en 2015) est approprié.

3.  Ce degré de resserrement des dépenses est très ambitieux par rapport aux tendances passées et sa crédibilité dépend de l’identification des mesures structurelles en matière de dépenses qui peuvent être déployées au fil du temps.

4. Les deux premiers avis émis par le conseil budgétaire nouvellement créé (Haut conseil des finances publiques) témoignent de son indépendance et de son professionnalisme.

Renforcer le rôle du secteur financier pour promouvoir la croissance

1.La stratégie de croissance décrite ci-dessus s’appuie également sur une intermédiation efficace des ressources financières des épargnants (les ménages) vers les emprunteurs (les entreprises et les différents niveaux de gouvernement).

2. Les signes d’une stabilisation du coût du risque au premier trimestre de 2013 sont encourageants, mais le maintien de la vigilance est nécessaire pour assurer un provisionnement approprié étant donnée l’incertitude des perspectives de reprise.

3. Enfin, la mission salue les efforts déployés par les autorités françaises pour maintenir sur la bonne voie et respecter les échéances du processus de convergence européenne vers un mécanisme unique de supervision et un mécanisme unique de résolution dans l’Union européenne, notamment grâce aux progrès réalisés au niveau national.

Lire l’ensemble du rapport dans les détails sur le site du FMI.

Lire le commentaire du rapport dans les Echos. « Le FMI prévoit un recul du PIB en France en 2013 ».

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*